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Textes électoraux : les journalistes chassés Tsimbazaza sens dessus dessous

Textes électoraux  : les journalistes chassés  Tsimbazaza sens dessus dessous

Vives tensions. Les journalistes n’ont pas été les bienvenus hier à l’Assemblée nationale. Et les forces de l’ordre ont même été appelées à les chasser de l’Hémicycle, mais plusieurs députés ont vivement contesté.

L’ordre du jour prévu pour hier était la rencontre à huis clos entre le chef du Gouvenement, Olivier Mahafaly Solonandrasana, la ministre de la Justice, Elise Rasolo Alexandrine et les députés. Mais, un tout autre scénario s’est produit quand  les membres du gouvernement ont débarqué à Tsimbazaza au grand complet.

De ce fait, certains députés, notamment ceux de l’opposition, ont décidé que la rencontre ne devrait plus se tenir à huis clos étant donné que les donnes ont changé. Pour dire que la présence des médias est vivement sollicitée pour suivre sans restriction les débats.

Les journalistes, persona non grata

Comme aucun camp n’avait l’intention de lâcher du lest, le ton est monté et la salle commençait à s’échauffer. D’autant que les gens du métier n’avaient l’intention de quitter les lieux. Les députés partisans du régime qui ont même considéré les journalistes comme des «malpropres», n’avaient qu’une idée en tête, chasser les médias de l’Hémicycle pour faire place à cette clownerie à huis clos. Les députés opposants qui ont vraiment l’intention de demander des comptes à l’Exécutif, n’étaient pas cet avis. Et au nom du droit à l’accès à l’information, ils ont pris la défense des journalistes tout en les encourageant à rester dans la salle.

«Tout le monde doit connaître ce qui se passe ici, on essaie de nous cacher des choses», s’est indigné l’élue du Mapar, Christine Razanamahasoa. «Les lois électorales sont d’une extrême importance pour le pays et doivent être connues de tous», a indiqué le député Tim, Félix Randriamandimbisoa.  Et si tous les membres du gouvernement ont répondu présent, il est légitime que la population soit au courant des discussions.

Vers une expulsion manu militari

Le trouble au sein de l’Hémicycle a atteint son paroxysme. Des altercations verbales entre les débutés retentissent à Tsimbazaza. Et la situation devenait explosive quand le vice-président de l’Assemblée nationale a fait appel aux forces de l’ordre pour chasser les journalistes de la salle au motif que la séance n’était qu’à titre d’information pour les députés. Des militaires prêts à exécuter les ordres, sont entrés, mais un député Mapar a pris la défense des médias en les repoussant vigoureusement.

C’était le désordre total. Les députés ont sifflé, hurlé, frappé du poing sur la table jusqu’à éviter in extremis d’en venir aux mains. La Chambre basse s’est alors transformée en marché public où plus personne ne pouvait plus s’entendre de telle sorte que la séance a dû être suspendue pour reprendre l’après-midi.

Manigances

Dans un tel climat houleux, certains députés estiment en effet que non seulement le temps imparti pour étudier les textes en question est très limité, mais que leur adoption semble être calculée à l’avance. Ils craignent un nouveau forcing à la manière HVM. Sous cet angle, certains élus du peuple pensent qu’adopter ces lois dans une vive tension politique et médiatique n’est plus opportun. Cela rendra davantage les scrutins à venir non crédibles.

Notons que le Tim et le Mapar ont toujours suspecté des manigances autour desdits textes électoraux. La solidarité soudaine de tous les membres du gouvernement laisse d’ailleurs planer le doute.

Les avis divergent tant au niveau des acteurs, des législateurs mais également des simples citoyens. Il en est de même au niveau de la société civile puisque certaines organisations ont tout simplement été écartées des discussions. Cependant, la rencontre se poursuivra ce jour à Tsimbazaza, cette fois avec les membres de la société civile.

 Tahina Navalona

 

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