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Enterrement des pestifères : il faut suivre à la lettre le protocole

Enterrement des pestifères  : il faut suivre à la lettre le protocole

L’enterrement des cadavres suspects ou confirmés de peste ne posera plus aucun problème comme ce fut le cas dernièrement. Madagascar a finalement adopté le projet relatif à la possibilité d’enterrer les victimes  dans leurs terres ancestrales et même dans le caveau familial. Mais à condition de respecter à la lettre les protocoles déjà définis.

Après quelques mois d’études de faisabilité, suivies de consultations à tous les niveaux et à travers le pays, il est maintenant possible de concilier  coutumes funéraires et sécurité sanitaire. C’est l’objectif ultime de cette initiative conformément à l’application d’un enterrement digne et sécurisé (EDS) des personnes décédées de peste. Désormais, l’ancienne pratique qui consiste à enterrer les victimes dans des fosses communes, en vue de protéger la population d’une éventuelle contamination, n’est plus à considérer.

Et dans le dessein de mettre en pratique cette nouvelle approche, un atelier de validation du protocole des enterrements dignes et sécurisés des personnes décédées de peste s’est tenu avant-hier à l’hôtel Paon d’Or à Ivato. A rappeler que l’épidémie a fait au moins 2.000 cas et 200 décès dans le pays.

D’après la représentante de l’OMS à Madagascar, le Dr. Charlotte Ndiaye, «Il s’agit d’une grande innovation dans la lutte contre la peste à Madagascar où des grandes difficultés ont été rencontrées lors du récent cas d’épidémie dans le pays, notamment le camouflage des cas, le refus de l’enterrement en fosse commune… jusqu’au vol de cadavres pestiférés. Ce qui a rendu difficile la prise en charge et la lutte contre la propagation de l’épidémie».

«Cela pourrait améliorer la prise en charge de l’épidémie, en réduisant davantage la réticence de la population à déclarer les cas, à amener leurs proches à se faire soigner… et par ricochet, de diminuer les risques de propagation de la maladie», a souligné  le ministre de la Santé, le Pr Mamy Lalatiana Andriamanarivo.

Plan d’attaque

Les conditions établies dans ce protocole devraient être pourtant respectées à la lettre pour éviter une éventuelle propagation accidentelle de l’épidémie. De ce fait, avant d’être remis à sa famille pour la veillée funèbre et l’enterrement proprement dit, le corps de la victime doit être traité au préalable pour ne pas exposer les membres de la famille à tout risque de contamination. Des opérations qui doivent être menées par  un personnel qualifié et préalablement formé.

Dans ce sens, le corps doit être lavé avec une solution chlorée à 0,5% dans un délai de 6 h après le décès. Il faut le mettre par la suite dans un «emballage individuel protégé» avant de le placer dans un cercueil scellé et muni d’une double paroi en zinc et en bois.

Selon toujours ce protocole, la veillée funèbre ne devrait pas excéder deux jours. Une durée qui peut être prolongée de un jour au cas où le 3e jour est interdit pour l’enterrement par respect des us et coutumes de la communauté en question.

Fahranarison

 

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