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La vache émissaire

La vache émissaire

Il faut reconnaître que jouer le rôle de victime expiatoire est certes comme un vieux disque vinyle qui marche à chaque fois. Plus encore lorsque l’on retrouve en face de soi  d’apprentis sorciers, ou plutôt ceux qui n’ont pas encore appris les leçons du passé. Ces derniers temps, sous diverses formes, un camp politique demeure au centre de l’actualité pour diverses raisons.

Les impôts, la Jirama, la Commune urbaine de la capitale et récemment encore des vaches qui n’ont été plus, semble-t-il, ravitaillées en nourriture et  en eau. Au point que l’ambassade américaine lui-même a été obligée de prendre position. Autant de sujets qui certes n’ont rien de politique à priori mais qui retombent, à chaque fois, sur la même personne, à savoir l’ancien Chef de l’Etat Marc Ravalomanana.

Acculé sous diverses formes, le camp de l’ancien président se trouvait alors à la recherche d’une échappatoire et c’est tout trouvé avec cette question de traitement « inhumain » à des vaches sans défense de la société Tiko AAA. Désormais, l’Etat se trouve au pilori pour avoir laissé à l’abandon des animaux qui se trouvent, à fortiori, au centre d’un litige entre les ténors du régime et le propriétaire officieux de cette société.

Il faut se rendre à l’évidence en tout cas : cela n’annonce rien de bon, que ce soit pour le régime ou les soi-disant victimes. Autant l’Etat a failli dans sa volonté de museler tous ce qui se sont opposés à lui, autant la posture de l’ancien Président de vouloir miser tout le temps sur une machine politique, même dans des sujets qui n’ont rien à voir avec la politique. On peut être un opérateur économique reconnu mais il faudrait quand même pays ses impôts, il faut aussi répondre aux décisions de  justice.

Tout n’est pas politique et il ne faudrait pas penser que lorsqu’on est candidat à une élection ou lorsqu’on est ancien président, tout est permis.  Il ne faudrait pas que la réconciliation soit un moyen de « purifier » les erreurs du passé. Loin de là, l’établissement de l’Etat de droit passe aussi par le respect des autres.

Rakoto           

 

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