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CNIDH – entrée à l’ENMG Suspicions de fraudes au concours

CNIDH – entrée  à l’ENMG   Suspicions de fraudes au concours

Selon la CNIDH, de fortes suspicions de fraudes entourent l’entrée à l’ENMG. Si les faits sont établis, la Commission demande à ce que la présente session soit annulée.

«Préoccupations autour du concours d’ entrée à l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG)». C’est l’intitulé du communiqué de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH), parvenu à la rédaction, hier. A en croire cette commission, «des allégations de fraudes autour du concours d’entrée à l’ENMG devraient constituer un sujet de graves préoccupations pour le ministère de tutelle, ainsi que l’ensemble des responsables étatiques et des simples citoyens».

Reprenant une des déclarations du Chef de l’Etat, lors de son émission «le rendez-vous» sur les réseaux sociaux, la CNIDH rappelle que toute forme de corruption est préjudiciable à la nation et que la corruption au sein de la magistrature est l’une des plus néfastes, «car elle peut avoir pour conséquence de graves violations des droits de l’homme». Comme en témoigne les divers actes de vindicte populaire, au cours desquels une foule déchaînée met à mort une personne qu’elle aura arrêtée, ont pour origine la méfiance à l’égard du magistrat accusé, à tort ou à raison, de corruption, ainsi que la peur de représailles de la part du malfaiteur une fois relaxé.

Annulation

«Tout le monde connaît l’origine du mal», estime la CNIDH, en notant que certains parents paient le prix fort pour faire admettre leur fils ou leur fille au concours d’entrée, qui n’est plus alors qu’une simple formalité. Ce qui fait que l’intégrité des candidats est compromise d’avance, «puisqu’ils devront rentabiliser leur investissement initial».

Le constat est amer. Selon cet organe, beaucoup de citoyens s’abstiennent actuellement de recourir à la Justice, convaincus que la partie adverse aura déjà payé les magistrats pour lui donner raison.

Quoi qu’il en soit, la CNIDH soutient les efforts du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) dans sa lutte, notamment pour ce qui est de l’entrée dans les grandes écoles de formation de fonctionnaires, et plus particulièrement au concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes. «La Commission demande aussi que la présente session soit annulée si les suspicions de corruption sont avérées, et que les responsables, y compris les personnalités qui se seront rendus coupables de pression pour l’admission de tels ou tels candidats, soient sanctionnés, et que les sanctions soient rendues publiques», note la CNIDH, en ajoutant que  «C’est à ces conditions que pourra être restaurée la confiance des citoyens envers la Justice, et à terme, l’Etat de droit».

J.P

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