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Team building : le régime en quête de boucs émissaires

Team building  : le régime en quête de boucs émissaires

La rencontre des membres du gouvernement, aujourd’hui et demain, à Mantasoa est censée servir d’excuse  au Chef de l’Etat pour pointer du doigt des ministres défaillants. En réalité, l’incapacité du régime se situe du haut en bas de l’échelle étatique.

Si à l’origine, un «team building» est censé être un moyen de renforcer la cohésion d’une équipe ou de créer un environnement favorable au travail, cette fois, cela pourrait bien être différent. Qui sont les ministres défaillants ? Telle est, en effet, la question à laquelle les pro-régime entendent bien trouver des réponses à partir d’aujourd’hui lors du «team building» qui se déroulera à Mantasoa. Une rencontre qui durera deux jours.

Réaction tardive

D’après le chef du gouvernement, ce sera l’occasion de faire le point sur les réalisations de chaque département ministériel. «Nous allons étudier les projets qui pourraient avoir un impact direct sur la population», a-t-il fait savoir. Il indique aussi que «En même temps, nous allons voir quelle stratégie entreprendre». 

On pourrait ainsi s’interroger sur les activités menées par le gouvernement, durant ces quatre années, si ces questions ne seront discutées que maintenant.

L’initiative est d’ailleurs un peu tardive car à moins d’un an de la fin de mandat du régime, il n’y a pas beaucoup à attendre et à espérer. Ce qui intrigue dans cette initiative, c’est aussi la propension du régime à faire de ce rendez-vous un moyen de trouver un bouc émissaire face à l’incapacité qui se trouve, toutefois, au plus haut sommet de l’Etat.

En effet, dans l’une des publications du «Rendez-vous  du Président» récemment, il a été indiqué que «Les ministres en feront le diagnostic et diront pourquoi les choses ne bougent pas et proposeront des solutions appropriées. Le Président jugera sur actes». Pourquoi il ne l’a pas fait auparavant ?

Par «les choses» qui ne bougent pas, les communicateurs de la présidence évoquent, d’ ailleurs, les difficultés liées à la maîtrise de l’inflation, notamment la gestion des prix du riz ou encore le cas de l’insécurité qui ne cesse de prendre de l’ampleur. C’est le cas notamment des kidnappings.

Problèmes de fond

Sur ce point d’ailleurs, les initiatives au plus haut sommet de l’Etat ne correspondent nullement à la réalité. Car au lieu de s’attaquer aux problèmes de fond, en prenant les taureaux par les cornes, les pro-régime tentent de renvoyer la balle aux victimes elles-mêmes, en choisissant une ligne qui frôle le racisme. En effet, des journaux pro-régime ont affirmé que le kidnapping une affaire Karana contre Karana. Alors que la réalité est tout autre. Il faut préciser que ce ne sont pas uniquement les «karana» qui ont été victimes de kidnapping dans le pays. A titre d’ illustration, l’affaire Arnaud et Annie dans la capitale économique à Toamasina qui a défrayé la chronique alors que les victimes ne sont nullement des «karana». Sans compter les enlèvements perpétrés par les «dahalo». Qu’a fait l’Etat par rapport à tout ça?

C’est que, encore une fois, même si le régime tente de trouver des  boucs émissaires, la protection des personnes et de leurs biens demeurent jusqu’ici une responsabilité régalienne de l’Etat. A ce titre, le «team building» de dernière heure du gouvernement ne servira pas à grand-chose, car la responsabilité de l’échec de ces dernières années  est partagé entre tous les ténors du régime, à commencer par le Chef de l’ Exécutif.

 Rakoto

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