Flash
Préc Suiv

Chronique : qui se ressemblent… se détestent

On ne peut pas toujours faire foi aux proverbes, adages et autres maximes. Les conclusions qu’ils enseignent ne couvrent pas nécessairement toute la réalité, ce n’est que normal puisqu’il ne s’agit que de généralités tirées de l’observation. Aussi parfois les faits et événements font mentir ces « sagesses », plus particulièrement lorsqu’il est question d’excès de tares. Ainsi va de l’égoïsme, du goût prononcé pour le pouvoir, les honneurs et les profits, et si les circonstances conduisent à une émulation le partage des mêmes défauts plus qu’à rassembler les personnes  identiques les amène à se détester.

Les abus depetits passe-droit peuvent ne paraitre que détail, mais leur répétitivité et surtout la guéguerre qui se trame pour s’en réserver l’exclusivité disent long de l’état d’esprit. Actuellement les autorités en charge de réprimer tout usage illicite des symboles de pouvoir, telle la pratique de se frayer la priorité de circulation par des voitures ou motos ouvreuses de cortège, dressent à ce qu’il semble une stratégie destinée à prendre en flag la maire d’Antananarivo. En se dotant d’une escadre de motards elle confirmerait l’inclination dont ses détracteurs l’affublent à user de droits et privilèges au-delà de ce que sa fonction lui confère. Evidemment lorsque l’on attaque Lalao Ravalomanana on atteint Monsieur le Mari de la Maire, titre actuel de l’ancien chef de l’Etat à la fois candidat déclaré mais encore potentiel à la prochaine élection présidentielle. A ce que l’on raconte lui-même n’a pas résisté à la parade abusive de s’être fait précéder par une cohorte ouvreuse, c’est l’annonce de bien de joyeusetés par le dépassement des droits s’il venait à être président. Ça trahit toute une mentalité, dont le camp d’en face n’a rien à envier.

Presqu’à l’unanimité la population pourrait témoigner qu’au-delà des personnalités qui ont droit à ce genre d’escortes, à savoir les chefs d’institution, les apparatchiks du régime ne se privent pas de se foutre de la loi, en bricolant une officialité de cortège à leur service au quotidien, non seulement pour se frayer un passage mais même pour franchir des interdits… Pas très courageux du reste, bien calés dans des sièges moelleux à l’abri des regards derrière des vitres opaques.     Comment le partage d’un sale esprit, dénominateur commun, peut désunir.

Léo Raz

Les commentaires sont fermées.