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Serie de kidnappings : les autorités naviguent à vue

Serie de kidnappings   : les autorités naviguent à vue

Le conseil de gouvernement qui s’est tenu hier à Mahazoarivo a abordé la série de kidnappings qui sévit au pays. Aucune mesure concrète n’a pourtant été adoptée.

Rien de concret. Au contraire, le gouvernement a accablé les familles des victimes de kidnapping. Au lieu de trouver des solutions durables face à ce fléau, le gouvernement a choisi de rejeter une nouvelle fois la faute aux familles des kidnappés.

En effet, il a été rapporté qu’avant d’entamer l’ordre du jour, le Premier ministre par intérim a invité les ministres concernés par la sécurité publique d’informer le Conseil sur la situation actuelle, notamment en ce qui concerne cette série de kidnappings ayant frappé la Communauté indienne de nationalité française. Il faut d’abord signaler, que le fléau touche aujourd’hui toute la communauté malgache, et non plus seulement les «karana». Ces derniers temps, que ce soit à Toamasina, à Sambava ou encore dans la capitale, toutes les familles peuvent être concernées par le kidnapping.

Défaillances

Il a été évoqué lors de cette réunion que «les familles des kidnappés ont toujours rejeté toute collaboration avec les éléments des forces de l’ordre». Ce qui est loin d’être le cas car bon nombre de familles ont lancé des appels à détresse à l’endroit des forces de l’ordre et des responsables étatiques, ou encore par le biais de la justice. Sauf que la situation n’évolue guère.

Il apparaît d’ailleurs que le gouvernement masque sa défaillance et son irresponsabilité en tentant de rejeter le tort aux familles des victimes. Ce qui est d’ailleurs étonnant car la fonction régalienne de l’Etat, c’est d’abord de garder la population et ses biens en toute sécurité.

Sur ce point, «la structure spéciale», qui est déjà une solution tape-à-l’œil,  évoquée lors du conseil du gouvernement, a encore une fois failli à ses responsabilités. Et pour cause, la série de kidnappings ne cesse de se multiplier.

Au sein de l’Etat, trouver une parade est devenu un exercice favori ces derniers temps, pour masquer l’incompétence des responsables. Déjà, lors d’une conférence de presse, samedi dernier, le Premier ministre Olivier Mahafaly avait soutenu l’existence d’une déstabilisation derrière ce fléau. Il avait alors indiqué que l’objectif de «certains» pourrait être de démontrer la  défaillance de l’État et du gouvernement, de réunir un fonds de campagne électoral.

En tout cas, déstabilisation ou pas, la population attend de l’Etat des mesures concrètes pour faire face à cette série de kidnappings faisant des victimes au sein des Malgaches que  des étrangers.

En 2015, l’ancien ambassadeur de France, François Goldblatt, avait déjà transmis une liste de personnalités impliquées dans ce fléau comportant les noms et la fonction des têtes présumées du rapt contre rançon, avec des photographies à l’appui. Trois ans après, le pouvoir ne sait pas encore sur quel pied danser.

Rakoto

 

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