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Chronique : tourisme tributaire d’une trainée de mauvaise réputation

Belle intention que d’orner d’un objectif ambitieux le tableau de bord du Tourisme, affichant la prétention d’atteindre le chiffre de six cent mille touristes d’ici quelques années, soit environ le double des résultats de l’année 2017. Le dynamisme enregistré à certains endroits localisés particulièrement sur des îles « paradisiaques » signalés par de prestigieux et influents organes mondiaux de média (Vogue, TF1 dans 50mn Inside) permettent de flirter avec un relatif optimisme, toutefois on ne peut faire l’impasse sur des pesanteurs indépendantes du secteur tourisme et qui tempèrent les rêves d’un miracle.

Madagascar jouit de la réputation de recéler une flore très particulière et d’entretenir à l’état sauvage une faune d’exception, des atouts majeurs qui plaident en faveur de la destination. De toujours malheureusement les tarifs élevés du transport aérien ont pénalisé la destination, des prix qui douchent les désirs, et qui refroidissent les intentions. L’opinion se console en attribuant les causes de cette cherté à la distance qui sépare des pays riche la grande île. Cependant lorsqu’elle s’aperçoit qu’entre les îles voisines et l’Europe on pratique des prix plus attractifs, sans en trouver de réponse elle s’interroge sur le pourquoi de ces possibilités ailleurs.

La faiblesse de valeur de l’ariary et particulièrement la dévaluation actuelle plaident évidemment en faveur de la destination, mais le climat politique et social et surtout l’ambiance d’insécurité n’incitent pas à venir s’y aventurer. La pauvreté fait peut-être spectacle, encore faut-il que l’ordre fasse le décor pour en assurer recettes. Une ambiance trouble sur un océan d’insécurité dont les manifestations frappent à leurs manières chaque classe sociale : à la population d’en bas les voleurs de poule, à la masse du public les vols à la tire dans la rue et les taxis be jusqu’aux attaques à main armée à domicile pour deux sous trois fifrelins, aux plus aisés les risques de kidnapping. Cette forme de crime plus qu’à diminuer menace de prendre de l’ampleur en tous cas pénalise le tourisme par la mauvaise pub dont elle inflige le pays par cette image. Déjà que dans le monde des investisseurs le pays ne jouit pas d’une image flatteuse, cette absence d’insécurité physique n’arrange pas les choses. Les frasques de ceux qui font et défont les lois à leur seule convenance ne rassurent pas les investisseurs que pourtant le pouvoir espère courtiser, renvoient Madagascar au dernier rang des pays où il fait bon investir. Le tourisme nécessite des investissements, dans les limites d’avoir à céder aux caprices de ceux qui veulent multiplier l’implantation  d’« îlots extra-nation » coupés des réalités dans le seul but d’accueillir des VIP.

Léo Raz

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