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Réflexes élémentaires

Réflexes élémentaires

Une journée pour l’assainissement. C’est ce qui a été décrété pour demain et ce, suite à l’épidémie de peste urbaine qui a fait couler beaucoup d’encre l’année dernière. C’est ainsi que toutes les institutions, ministères et autres organes de l’Etat ont choisi de lancer une injonction à tout leur personnel de venir assainir leur lieu de travail, et par la suite, leur résidence respective lors de cette journée. L’on s’attend donc à une mobilisation massive des citoyens ce mercredi pour mettre la main à la pâte. C’est aussi le cas des responsables étatiques qui n’hésiteront pas à se retrousser les manches devant les caméras des médias «professionnelles» comme le veut le Chef de l’Etat. D’ailleurs, il faut signaler qu’il est à l’origine de cette initiative.

Pour autant, des interrogations s’imposent. Faudrait-il attendre qu’une journée nationale d’assainissement soit décrétée pour que la population nettoye ses alentours, les bureaux, les résidences, …etc ?  Comment se fait-il qu’un demi-siècle après notre Indépendance, nous ne sommes toujours pas capables de balayer devant notre porte ? Car, il faut le dire, la propreté devait être un réflexe quotidien et non une obligation. Il n’est nul besoin d’un rappel à l’ordre de la part d’un quelconque dirigeant, encore moins d’un aide émanant des partenaires,  pour être conscient des réflexes élémentaires.

Toujours est-il que nous en sommes encore là aujourd’hui. A attendre que d’autres nous fouette pour qu’on prenne telle ou telle décision, à se pavaner en voiture tout terrain et verser des ordures sur la route, à enfiler des vêtements tout neuf tout en faisant ses besoins n’importe où, à être diplômé des grandes écoles tout en garant des véhicules n’importe où, à construire des habitations n’importe où tout en profitant du laxisme des prétendus responsables….Autant d’exemples, parmi tant d’autres qui démontrent que l’incivisme et l’insalubrité ne seront pas facile à éradiquer.

Nous en sommes donc encore là. Il ne faudrait donc pas s’étonner si demain nous élirons des parlementaires dont la mentalité se trouve à des années-lumière de l’évolution de l’homme (l’argument avancé pour refuser le vote d’une disposition relative à la loi sur l’avortement thérapeutique est en une illustration parfaite).  Il ne faudrait pas s’étonner aussi si le  rôle d’un maire de la capitale se cantonne  à se «bagarrer» avec des marchands de rue ou encore moins si Madagascar figure parmi les rares pays où la peste sévit encore.

Rakoto

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