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Année 2018 : Madagascar dans l’œil du « cyclone politique »

Année 2018 : Madagascar dans l’œil du « cyclone politique »

Après les acteurs politiques, ce fut au tour de la société civile de rencontrer le Chef du gouvernement hier dans le cadre de la révision des lois électorales.  Le scepticisme est de mise.

«La commission en charge d’étudier les textes électoraux au niveau du Parlement pourra-t-elle accepter les amendements fournis par le groupement des partis politiques et de la société civile qui ont participé aux divers ateliers  depuis 2016  sur l’amélioration de ces textes ?». C’est ainsi que le Cercle de réflexion pour l’avenir de Madagascar (Cram) s’est interrogé, à travers un communiqué, jeudi dernier.

Selon le groupe, en effet,  si l’on s’en tient à la logique, les textes qui seront votés à l’Assemblée nationale seront acceptés par tous, «Ce qui débouchera sur une stabilité politique en 2018» et que, «Dans le cas contraire, il y aura sûrement un cyclone politique dès le début de l’année».

  A travers cette interrogation, le Cram partage par ailleurs les inquiétudes de la majorité de la classe politique à propos des règles du jeu des consultations populaires à venir.  A la lecture de la Constitution, en effet, le premier tour de la présidentielle devrait avoir lieu en novembre 2018. Sauf que la date définitive  n’est pas encore fournie.

«La législation et le calendrier électoraux doivent être conformes à la Constitution et garantir l’égalité de chance entre tous les candidats», avait déjà fait savoir le parti MMM à ce propos.

Débat ouvert

Selon les informations recueillies, en effet, la session extraordinaire des élus aura lieu probablement quelques jours après la présentation de vœux à Iavoloha. L’objectif est d’examiner des textes électoraux dont la crédibilité sera un gage des scrutins à venir.

Lors d’une rencontre avec les journalistes à Anosy jeudi dernier, le chef du gouvernement ne s’est pas prononcé ouvertement sur la tenue de cette session, mais plusieurs ténors du parti au pouvoir affirment ne pas y  trouver d’inconvénient à cette initiative. Quoi qu’il en soit, Olivier Mahafaly a soutenu, par rapport aux polémiques sur les lois électorales,  que «Le débat reste ouvert. Une partie de l’opinion est enclin pour un référendum, d’autres évoquent des accords politiques, certains optent pour le statu quo», avait-il indiqué.

L’avis de la Ceni

Lors d’une interview accordée à un quotidien de la capitale récemment, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Thierry Rakotonarivo, avait déjà mis en exergue ces trois points. Selon ses explications, trois solutions pourraient être étudiées, à savoir donner plus de moyens à la Ceni pour acheminer les résultats au plus vite, la révision de la constitution, ou encore l’élaboration d’une convention politique pour «outrepasser» la loi fondamentale.

En effet, l’une des ces trois solutions permettra de pallier les problèmes liés au délai imposé par la Constitution durant l’entre-deux-tours de la présidentielle. L’article 47 de la Constitution dispose que, «L’élection du président de la République a lieu trente jours au moins et soixante jours au plus avant l’expiration du mandat du président en exercice».

Selon les proches du régime, ce délai semble trop court. C’est aussi le point de vue d’une partie de la société civile. Il en est de même de l’article 46 relatif à la démission du Chef de l’Etat s’il se porte candidat à sa propre succession. Sauf que les pro-régime remettent sur le tapis ces dispositions à un an de la présidentielle. Une initiative vu comme un moyen d’écarter certains candidats potentiels car des membres de la société civile craignent que la révision de la loi fondamentale n’est qu’un prétexte pour revoir aussi d’autres dispositions.

J.P

 

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