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Suspension de salaire : les syndicats fixent un ultimatum de 48h

Suspension de salaire : les syndicats fixent un ultimatum de 48h

Un ultimatum de quarante huit heures. C’est ce que le groupement des syndicats réunis au sein de la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM) a décidé hier afin d’interpeller le régime sur la situation des fonctionnaires privés de salaire. Le blocage de la machine administrative se profile à l’horizon.

«Tous les fonctionnaires seront appelés à la grève générale dès le début de l’année à travers le pays, si nous n’obtenons pas de réponse suite à notre revendication, à savoir le paiement de nos salaires et ce, jusqu’à vendredi prochain», a déclaré Claude Raharovoatra, le porte-parole de  la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM) hier à Antaninarenina. Le syndicat a en effet été reçu hier par deux responsables au niveau du ministère des Finances et du budget, dont le secrétaire général.

Il semble toutefois que la rencontre n’a pas permis d’avoir des réponses adéquates par rapport à leur revendications. «C’est à la fois illégal et illégitime. On ne peut pas couper le salaire d’une personne du jour au lendemain comme ça. Il n’y a pas de transparence au niveau du ministère de la Fonction publique. Nous condamnons l’Etat pour cela et nous allons continuer notre lutte jusqu’au bout», a dénoncé le porte-parole du SSM, face  à la presse.

Selon les informations fournies, 9782 fonctionnaires sont privés de salaire et 5000 autres ont déjà perçu leur dû. Ce qui n’est pas le cas des 4000 restants. D’autant qu’«plusieurs agents de l’Etat éprouvent des difficultés pour reconstituer leurs dossiers à cause de l’éloignement de leurs lieux de travail. Les responsables nous ont indiqué que des réunions se sont déjà tenues pour examiner ce problème», a ajouté le président de Syndicat des magistrats de Madagascar, Fanirisoa Ernaivo. D’autres ténors du syndicat brandissent par ailleurs une action en justice contre l’Etat à propos de cette affaire.

Mea culpa

Cette nouvelle tension entre l’Etat et les Syndicats refait surface lorsque le ministère des Finances et du budget a commencé la chasse aux fonctionnaires dits «fantômes» pour que ces derniers n’aient plus  droit à leurs soldes, avantages et autres indemnités. Sauf que des vrais fonctionnaires ont passé à la trappe de la liste fournie par le logiciel AUGURE (Application unique pour la gestion uniforme des ressources humaines de l’Etat) utilisé par le ministère des Finances et du budget.

Plusieurs agents de l’Etat ont alors vu leur solde coupé, notamment au sein de la Police nationale. C’est ainsi que la Solidarité syndicale de Madagascar (SSM) est entré en action. Cette dernière a soutenu d’ailleurs que  la faille provient de la mauvaise gestion et de la non maîtrise du logiciel AUGURE par le ministère des Finances et du budget.

Samedi dernier, le ministre de la Fonction publique, de la réforme administrative, du

travail et des lois sociales, (MFPRATLS), Jean de Dieu Maharante, avait d’ailleurs fait son mea culpa à propos de l’utilisation de ce système.

«Les utilisateurs ne sont pas encore habitués au logiciel Augure(…). Avec le ministère des Finances et du budget, nous promettons de rétablir la situation avant la fin de l’année pour ceux qui arrivent à prouver qu’ils sont des fonctionnaires réguliers», avait-il soutenu. Quoi qu’il en soit, la privation des salaires des fonctionnaires à la veille de la fête de fin d’année figure désormais parmi les «exploits» à mettre sur le compte du régime actuel.

J.P

 

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