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Emeutes à Ikongo : 120 détenus libérés par la foule

Emeutes à Ikongo : 120 détenus libérés par la foule

Le district d’Ikongo, région Vatovavy Fitovinany, a été en effervescence hier à la suite d’une tentative de vindicte populaire. La situation a rapidement dégénéré en émeute, prise d’otages et évasion massive.

Tôt dans la matinée d’hier, près de 120 détenus ont été libérés de la maison centrale d’Ikongo par une meute d’individus en furie. Les agents pénitentiaires ont vainement essayé de défendre la prison.

Armés de sagaies et de machettes, près de 600 individus, venant de Tsaralanitra et d’Ambalabe, commune de Sahalanona, ont envahi la prison. Les agents pénitentiaires ont lancé des coups de semonce pour les disperser mais plus que jamais déterminés à venger la mort de l’un des leurs, les habitants de Sahalanona sont allés jusqu’à libérer les détenus.

D’après Jérémie Napou, directeur de la communication du ministère de la Justice, les suspects en question ont été déjà transférés dans une autre prison pour des raisons de sécurité mais les intrus ne voulaient rien savoir.

«Selon le compte-rendu qui nous est parvenu, nos éléments étaient entièrement débordés, vu le nombre des assaillants. N’ayant pas trouvé à l’intérieur de la prison les personnes qu’elle est venue rechercher, la foule a pris en otage des agents pénitentiaires avant de libérer les détenus. Ensemble, ils ont fouillé les domiciles des agents pénitentiaires et les locaux des forces de l’ordre avant d’encercler le bureau du district où se sont réunis les membres de l’Organe mixte de conception. Des agents pénitentiaires auraient été pris en otage», a-t-il déclaré.

Litige foncier

Etant sur place, le député Jean Brunel Zafitsiandraofa est intervenu. «Sachant que les autorités régaliennes ont été dépassées par l’événement, j’ai dû recourir aux autorités traditionnelles pour désamorcer la tension. Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer. L’on a cependant enregistré des blessés surtout dans les rangs des agents pénitentiaires qui ont essuyé des jets de galets», a-t-il précisé. Par ailleurs, l’élu d’Ikongo a expliqué que tout a commencé par un litige foncier.

«Sept personnes ont été arrêtées et conduites au bureau de la police. Après l’enquête préliminaire, elles ont été déférées au Parquet et le juge en charge du dossier a décidé de les placer en détention préventive. Au cours du transfert des suspects à la prison, le plaignant qui les suivait a été tué par on ne sait pas qui. Ce qui n’a fait qu’attiser la colère de ses proches qui, pour venger la mort de ce père de famille, ont réclamé la tête des sept suspects», a-t-il conclu.

Selon ses dires, des éléments de renfort des forces de l’ordre ont été dépêchés à Ikongo. Malgré tout, un calme apparent plane sur la ville.

Mparany

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