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Arboretum d’ambatobe et lac charmilles Ivandry : Où en est l’enquête ?

Arboretum d’ambatobe et lac charmilles Ivandry : Où en est l’enquête ?

2017 touche à sa fin, mais l’enquête promise par les autorités compétentes, depuis des mois, autour de dossiers chauds tels que celui de l’Arboretum d’Ambatobe et du lac des Charmilles à Ivandry, qui remontent à 2016, semble prendre du retard. Etrangement, le flou persiste. Et cet attentisme nourrit de plus en plus les suspicions.

Rappel des faits. Tout a commencé en décembre 2016 quand le chef cantonnement de l’Environnement et des Fôrets d’Analamanga a approuvé la demande de la Société de bâtiments et travaux (Sobatra) de procéder à la coupe d’arbres sur le terrain dit Manampisoa à Ilafy (Titre n°10 541) où se situe en fait l’Arboretum et de procéder aux travaux d’excavation et de remblayage du lac Charmilles à Ivandry. D’après les informations reçues, cette société a projeté d’y construire un complexe hôtelier de standing. En passant, il s’avère étonnant de constater que ces deux sites sont régis par le même arrêté.

Par définition, un arboretum «est un jardin botanique spécialisé, généralement conçu comme un espace paysager. Il présente de nombreuses espèces d’arbres ou d’essences ligneuses sous forme de collections le plus souvent thématiques». Il s’agit donc d’un parc consacré à la culture expérimentale d’arbres et arbustes en vue d’étudier leur comportement. Pour dire que  cet espace censé être préservé, n’est en aucun cas destiné à des activités de promotion immobilière. Même cas pour le lac Charmilles classé également comme plan d’eau à protéger, c’est-à-dire qu’il est formellement interdit d’y effectuer tous travaux de remblai, déblai ou de nouvelles constructions.

Tout est permis ?

Devant un tel projet de destruction de la nature en milieu urbain,  le service des Eaux et forêts est intervenu et a suspendu l’autorisation octroyée à la Société Sobatra. Mais cette dernière a visiblement passé outre cette décision en entamant les travaux. Et bien que ces zones bénéficient d’un statut de zone protégée, les travaux se sont poursuivis durant plusieurs mois.

Puis, plus d’un commençait à se demander si les responsables allaient rester insensibles devant cette idée de rayer de la carte d’Ambatobe l’arboretum et d’Ivandry, le lac Charmilles. Des questions longtemps sans réponses.  Ce n’est que tard cette année que l’on a constaté que les travaux se sont arrêtés. Après investigations menées par les journalistes, le ministère de l’Environnement a confirmé la suspension des travaux tout en annonçant qu’une enquête devait être menée.

Devoir d’enquête

L’enquête a-t-elle eu lieu, mais classée sans suite ou n’a-t-elle pas été faite ? Beaucoup ont tenté d’obtenir de plus amples explications auprès des responsables mais en vain. Jusqu’à présent, les informations filtrent au compte-gouttes car même les autorités communales d’Ilafy se murent dans le silence. Pareil au niveau du fokontany, motus et bouche cousue. Alors que gérer un tel dossier touchant de près leur localité devrait faire partie de leurs attributions et mission, de même que celles d’assurer le respect de la loi, les règlements  et d’œuvrer en toute logique à la préservation du patrimoine.

Seul le directeur général de l’aménagement du territoire et de l’équipement (DGATE), Gérard Andriamanohisoa a apporté quelques éléments de réponses. «Les mesures de suspension des constructions au sein de l’arboretum sis à Ambatobe sont toujours en vigueur. Ce site est actuellement scellé, ce qui implique que toutes les constructions sont suspendues. La décision finale sera livrée après que la régulation soit faite», a-t-il précisé.

Et de continuer «même si les constructions ont obtenues l’autorisation de la commune d’Ilafy, les mesures de suspension des travaux restent effectives».

Silences étranges

Quoi qu’il en soit, en décortiquant les dossiers, des certitudes émergent peu à peu. En l’occurrence le fait qu’un nom y apparaît et y revient constamment, celui d’Olivier Mansotte qui est en même temps administrateur de la société MVA, propriétaire du terrain de l’arboretum, et administrateur général de la société Sobatra qui a déposé la demande de coupe d’arbres sur ledit terrain classé zone de préservation environnementale, mais aussi le même Olivier Mansotte qui projetait un remblai du lac des Charmilles…

Bref, des faits d’autant plus étranges que ces sociétés font partie d’un groupe bien puissant qui compte également Prom/Immob, Batistock, Grues levages et Investissements ainsi que MadaPlace dont les sièges se trouvent dans un seul et même lotissement à Ambatobe. L’épouse est quant à elle propriétaire d’un magasin Habitat dans la capitale.

Suspendre une décision ne signifie pas un arrêt définitif des travaux. L’importance des sites concernés devrait pourtant tout naturellement inciter les responsables à mettre irrémédiablement fin à tout projet nuisible pour l’environnement. De surcroît, si le fait qu’un groupe tentaculaire puisse s’accaparer des terrains sensibles et des zones protégées suscite bien d’interrogations, la possibilité qui est la leur d’y entreprendre des travaux porte encore un coup à l’autorité du ministère de tutelle, voire de l’Exécutif.

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