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Chronique : Le soleil a rendez-vous avec la pluie, la pluie est là, le soleil ne l’attend pas

Cette année, les pluies sont à l’heure au rendez-vous, les pelouses reverdissent, les étals des marchands croulent sous les fruits. La poussière cède le terrain à la boue et aux immondices charriés par les torrents d’eau de pluie ; nos villes, qui n’ont jamais été des modèles de salubrité, sont des cloaques à ciel ouvert, des

nids de maladies d’un autre siècle que nous entretenons avec beaucoup de zèle. Voyez donc nos rues jonchées de noyaux de mangues et de letchis crachés par les très nombreux amateurs de fruits de Noël. Le letchi, c’est bon, c’est vrai. Les mangues, les abricots et les prunes aussi. Et leurs noyaux sont moins nocifs pour l’environnement que les sachets plastiques.

Il pleut, et c’est bien normal en ce mois de décembre. Il pleut et nos rues se transforment en rivières couleur latérite, creusant encore plus les trous et les ornières laissés par la dernière saison des orages. Par chance, nous pouvons repérer ces obstacles par temps sec. Le temps de quelques mois de poussière, le citoyen attentif mémorise les circuits en zigzag, bien plus utiles que le code de la route ou le permis biométrique. Un grand merci aux trous, révélateurs de talents qui resteraient tristement cachés si nos routes et nos rues étaient régulièrement entretenues.

Composer avec les trous et le compost public, c’est désormais à la portée du premier venu dans nos cités joliment insalubres. Mais pour accéder au niveau deux du jeu de la saison des pluies, il faut avoir le courage d’affronter les bouches d’égout découvertes et savoir slalomer sur de dangereuses patinoires de boue.  A ces désagréments s’ajoutent les habituelles pannes de voiture, les charrettes qui recolonisent les grandes villes, les marchands, l’incivisme, etc. Bienvenue dans le niveau trois.

Il pleut et il n’est pas besoin d’être prophète ou climatologue pour annoncer quelques beaux déluges d’ici le mois de mars. Finalement dans la saison des pluies, le problème n’est pas la pluie. C’est tout le reste.

Kemba ranavela

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