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MARTIN N. BAILY : Quand la mondialisation devient digitale

MARTIN N. BAILY : Quand la mondialisation devient digitale

WASHINGTON, DC – Les électeurs américains sont en colère. Mais, bien que les effets néfastes de la mondialisation soient en tête de leur liste de griefs, tout le monde est perdant lorsque des questions économiques complexes sont réduits à des slogans à coller sur les pare-chocs – comme ça été le cas jusqu’à ce jour dans la campagne présidentielle.

Il est injuste de considérer non fondées les préoccupations au sujet de la mondialisation. L’Amérique mérite d’avoir un débat honnête sur ses effets. Afin d’apporter des solutions constructives, cependant, toutes les parties devront admettre des vérités qui dérangent – et reconnaître que la mondialisation aujourd’hui n’est pas le même phénomène qu’il y a 20 ans.

Les protectionnistes ne parviennent pas à comprendre que l’érosion de la base industrielle des États-Unis est compatible avec le principe que la mondialisation stimule la croissance. Or, les preuves à l’appui de ce principe sont trop importantes pour être ignorées.

Une recherche récente du McKinsey Global Institute (MGI) fait écho aux conclusions d’autres travaux universitaires: les flux mondiaux de marchandises,

d’investissements directs étrangers et de données ont augmenté le PIB mondial d’environ 10% par rapport

à ce qu’il aurait été en l’absence de ces flux. La valeur additionnelle fournie par la mondialisation s’est élevée à 7,8 billions de dollars pour la seule année 2014.

Numérisation

Il est temps de changer les paramètres du débat et de reconnaître que la mondialisation est aujourd’hui devenu quelque chose de totalement différent: le commerce mondial de marchandises a ralenti pour une variété de raisons, dont la chute des prix des matières premières, le ralentissement de la croissance dans de nombreuses grandes économies et une tendance à la production de biens plus près du point de consommation. Les flux transfrontaliers de données, en revanche, ont augmenté d’un facteur 45 au cours de la dernière décennie, et génèrent maintenant un impact économique plus important que les flux de produits manufacturés traditionnels.

La numérisation change tout : la nature des marchandises qui sont échangées, l’univers des fournisseurs et clients potentiels, la méthode de livraison, ainsi que le capital et l’échelle nécessaires pour devenir un acteur mondial. Cela signifie également que la mondialisation n’est plus exclusivement le domaine des entreprises Fortune 500.

Les entreprises qui interagissent avec leurs activités, fournisseurs et clients situés à l’étranger représentent une part importante et croissante du trafic Internet mondial. D’ores et déjà, la moitié des services échangés dans le monde sont numérisés et 12% du commerce mondial de marchandises est effectué par l’intermédiaire du e-commerce international. Des

plateformes de commerce comme Alibaba, Amazon et eBay transforment des millions de petites entreprises en exportateurs. Il s’agit d’une énorme opportunité qui reste inexploitée aux États-Unis, où  moins d’1% des entreprises exportent – une part beaucoup plus faible que dans n’importe quelle autre économie avancée.

Par Martin N. Baily et James Manyika

 

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