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Gouvernance : Razanakolona dresse un tableau sombre

Gouvernance  : Razanakolona dresse un tableau sombre

Le remier responsable de l’église catholique pour la province d’Antananarivo a mis à nu, hier à Ambatoroka, les mau qui continuent de ronger le pays. Il égratigne au passage les élites, les acteurs politiques ou encore les tenants du pouvoir.

Assistanat, corruption, kleptomanie, marginalisation des couches vulnérables, insécurité, justice populaire, ou encore les limites du modèle de développement appliqué. Autant de maux qui touchent le pays et dénoncés sans ambages par Monseigneur Odon Marie Arsène Razanakolona, archevêque d’Antananarivo, hier dans son discours inaugural lors d’un colloque scientifique qui s’est tenu à l’Université catholique de Madagascar à Ambatoroka portant sur le thème vulnérabilité, développement et résilience.

Il a soulevé les divers problèmes qui minent le pays et qui continuent d’appauvrir les Malgaches. «Devant cette auguste assemblée et les compétences réunies ici, on se pose la question des raisons de la pauvreté qui aspire notre maison commune dans les abîmes profonds du délitement de la société et de la déliquescence économique et étatique», se désole Mgr Odon Razanakolona.

Et lui d’interroger : «Nos élites et nos intellectuels sont-ils capables d’adapter leur savoir académique, scientifique et technique (…) en une réalité (…) impactant sur le bien-être et sur le pouvoir d’achat de la population (…)?»

Une société malade

A l’heure actuelle, en tout cas, selon ses déclarations et son constat, la société malgache est une société malade qui a érigé l’argent en «dieu». Il évoque, à ce titre, un pays marqué  par la paupérisation croissante, la marginalisation des couches sociales vulnérables, l’insécurité généralisée, le fléau de la corruption du plus haut de l’État jusqu’au plus bas de l’échelle sociale, ou encore un État de non droit ainsi qu’une population n’ayant plus confiance aux représentants des institutions  étatiques civiles et militaires. « Tout cela contribue à augmenter la vulnérabilité de la population et étiole sa confiance vis-à-vis de l’autorité de l’État », a-t-il déploré.

Il s’est aussi interrogé sur la voie choisie par les dirigeants pour que le pays se trouve à son stade actuel. «Après près de 60 ans d’indépendance, on est en droit de se poser la question si le modèle de développement appliqué à ce jour n’a pas montré ses limites ?», a-t-il déclaré, tout en notant que les faits sont têtus. Et pour cause, Madagascar est l’un des pays les plus pauvres de la planète.

« L’objectif est-il d’être le meilleur élève dans l’application des schémas de développement conçus ailleurs ou nous faut-il pas maîtriser notre propre modèle de croissance et de développement (…) ? », s’est-il interrogé.

Assistanat

Selon lui, les relations que les dirigeants entretiennent avec les partenaires techniques et financiers s’articulent autour de l’esprit de dépendance dicté par l’aide et l’assistanat sans perspective de développement réel. Tandis que les potentialités des ressources naturelles restent jusqu’à présent tributaires des pratiques abjectes liées à la mauvaise gouvernance, à la kleptomanie et à la corruption.

« Nous nous devons de prendre en main notre devenir en maîtrisant les enjeux de ce temps, cas des minerais dans notre sous-sol et de l’indépendance énergétique, c’est le challenge et le défi qui vous attendent », a-t-il plaidé, tout en incitant l’élite malgache à adapter son savoir aux réalités actuelles.

J.P

 

Une réponse à "Gouvernance : Razanakolona dresse un tableau sombre"

  1. Flavien Jean-JacquesJaovelo  08/11/2017 à 15:50

    The wind of change

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