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Au palais de l’oubli

Au palais de l’oubli

Voilà un autre moment tragique de l’histoire sociopolitique du pays que certains tentent d’effacer de la mémoire collective, à savoir l’incendie du Palais de la Reine de Manjakamiadana. A l’instar d’autres périodes sombres que le pays a connus, chacun, du dirigeant politique au simple citoyen, fait de cette période comme si elle n’existe même pas.  Ni commémoration officielle, ni commentaire, ni dépôt de gerbe, ni culte œcuménique. Rien sur cette période.

Comme la journée coïncidait avec le cinquante-neuvième printemps de l’actuel Chef de l’Etat, les ministres et les courtisans ont préféré se ruer à Iavoloha. Il faut reconnaître que, dans un moment comme celui-ci, l’ambiance serait plus joyeuse au Palais présidentiel qu’à Manjakamiadana. Ceci explique peut être cela, dit-on.

En tout cas, l’opinion, comme les dirigeants étatiques, a donc choisi de refouler cette histoire comme un épisode douloureux auquel on ne veut pas y penser. Toujours est-il qu’à force d’effacer de la mémoire collective certains passés, certes pas très glorieux, les Malgaches vont devenir des « sans âme ». Car, comme disait un chroniqueur célèbre, un peuple sans histoire, c’est un peuple sans âme. Il n’est donc pas étonnant que le pays perd peu à peu de ses valeurs, d’autant que la jeune génération ne connait rien du passé de son pays.

Certaines choses sont ce qu’elles sont pour que la population apprenne de son présent. L’incendie du Rova de Manjakamiadana en fait partie. Cette bâtisse qui faisait office de résidence principale des Rois et Reines de l’Imerina, et de Madagascar par la suite, demeure jusqu’à ce jour la preuve matérielle de l’irresponsabilité de nos dirigeants étatiques.

En effet, vingt deux ans après les faits, alors que les principaux auteurs de l’incendie demeurent introuvables, la reconstruction du Palais est aussi au point mort. Cinq Chefs d’Etat se sont succédé depuis mais le mystère reste entier. Et à l’allure où vont les choses, cela n’est pas prêt de changer.

Rakoto

 

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