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Pierres précieuses : l’informel et les exportations illicites font encore rage

Pierres précieuses : l’informel et les exportations illicites font encore rage

Les retombées du secteur de la lapidairerie à Madagascar, en dépit de ses potentialités, n’ont pas d’impact direct sur le développement économique dans le pays. La prédominance de l’informel en est la principale raison. La mise en place d’un système de traçabilité est en discussion pour faire face à ce phénomène.

L’exploitation des pierres précieuses à Madagascar n’est pas encore tout à fait encadrée et n’a pas suffisamment de retombées palpables sur l’économie du pays malgré son important potentiel. Les pierres précieuses de Madagascar sont exportées dans plusieurs pays, notamment en Asie, en Europe et aux USA. Mais malheureusement, ces produits sont exposés sous d’autres appellations d’origine après avoir été blanchis, vu que la majeure partie des produits est exportée illicitement. Un système de traçabilité des pierres précieuses, sur le marché mondial, est en cours de discussion actuellement. Le sujet a été abordé lors de la conférence internationale des gemmes qui s’est tenue à Paris en juin dernier.

A Madagascar, la simplification des procédures d’exportations est à l’étude pour attirer les acteurs dans la filière à formaliser leurs activités. «On a pu constater ces dernières années que les acheteurs préfèrent se déplacer directement à Madagascar pour choisir les pierres précieuses. Dans cette condition, l’obligation de domiciliation bancaire pourrait être reconsidérée», a poursuivi le DG de l’IGM.

Prédominance de l’informel

Une grande partie de l’exploitation des pierres précieuses et pierres fines de Madagascar s’effectue dans l’informel, entraînant un important manque à gagner à l’Etat. A l’occasion de la cérémonie de clôture du concours de lapidairerie qui s’est tenue, hier, au Mining business center (MBC) Ivato, le ministre en charge des Mines et du pétrole, Ying Vah Zafilahy, a souligné : «Nul n’est sans savoir que les richesses  d’Ilakaka et de Kianjavato, pour ne citer que ces deux localités, ornent les vitrines de pays étrangers sous d’autres appellations d’origine. Malheureusement, elles  ne contribuent  pas au développement du pays». Rien que pour le saphir, 40 à 60% de la production mondiale provient de Madagascar. Andrianirina Rasolonjatovo, directeur général de l’Institut de gemmologie de Madagascar (IGM), a précisé à ce propos que «les résultats des études de certains spécialistes ont démontré que, plus de la moitié du saphir sur le marché mondial proviennent de Madagascar».

Promouvoir l’expertise malgache

Vu l’étendue des exportations illicites des pierres précieuses, les opérateurs malgaches n’ont pas leur place sur le marché mondial des pierres précieuses. L’organisation du concours de lapidairerie, qui en est à sa deuxième édition cette année, prévoit effectivement de promouvoir l’expertise malgache dans ce secteur. Sur les 18 participants à ce concours, trois candidats ont été primés par l’IGM. Il s’agit notamment de Pierre Ranarivelo, la société Stone’s World Madagascar et Royalty Gemme Madagascar. Les gagnants exposeront leurs produits à la conférence internationale des gemmologues organisée à Londres en novembre prochain.

Riana R.

 

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