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Fermeture de Tiko : dessous politique ou diversion ?

Fermeture de Tiko : dessous politique ou diversion ?

Le régime déclare la guerre à la société Tiko. Les autorités d’Antsirabe ont procédé hier à la fermeture de l’usine d’Andranomanelatra (Antsirabe) S’agit-il véritablement d’un non respect de la loi ou d’une simple diversion dans un contexte délétère ?

Les affirmations selon lesquelles la société Tiko AAA va être fermée se sont confirmées. Dans l’après-midi d’hier, le préfet d’Antsirabe et le chef de la région Vakinankaratra, accompagnés par des éléments armés des forces de l’ordre,  sont descendus dans les locaux de l’usine d’Andranomanelatra pour appliquer le décret interministériel de fermeture de Tiko du 4 octobre 2017, signé par le ministre de l’Industrie et du développement du secteur privé (MIDSP) et le ministre de l’Environnement, de l’écologie et des forêts (MEEF).

La menace de fermeture a finalement été exécutée après des multiples tentations effectuées la semaine dernière. Par des jets de bombes lacrymogènes, les force de l’ordre ont dispersé les employés, appuyés par la population, qui ont tenté de faire de la résistance devant le portail de l’usine. L’électricité de l’usine a également été coupée.

Intriguant

Ce qui intrigue dans cette situation, c’est le moment choisi par le gouvernement pour procéder à cette fermeture. Il faut reconnaître que ces temps-ci, le régime fait face à plusieurs défis auxquels il a du mal  à relever correctement. C’est le cas notamment de l’insécurité, tant en milieu urbain qu’en milieu rural, où le kidnapping et l’attaque des dahalo sont légion.

C’est aussi le cas de l’épidémie de peste où, en dépit des déclarations des ténors de l’Exécutif, la situation est loin d’être sous contrôle. A cela s’ajoute le débat sur un éventuel référendum constitutionnel où les proches du pouvoir ont du mal à défendre leur propre idée. Dans ce contexte, la fermeture de l’usine de Tiko AAA tombe ainsi à pic pour le régime pour faire diversion.

En tout cas, ce nouveau litige va semer davantage la zizanie entre les deus parties. Défenseur du régime depuis le début de la Quatrième république, le clan Ravalomanana malmené de partout est maintenant condamné à s’opposer et à faire face aux agissements du régime. Le temps de «je t’aime moi non plus» est révolu entre Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana. Et cette relation houleuse n’est qu’à son début vu que les deux hommes vont se bousculer au portillon.

Quoi qu’il en soit, la fermeture de cette usine risque de porter un sérieux coup aux employés de ce groupe au moment où le marché de l’emploi fait de plus en plus défaut.

Rakoto

 

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