Flash
Préc Suiv

Revision Constitutionnelle : « Une manipulation politique », selon Razanamahasoa

Revision Constitutionnelle : « Une manipulation politique », selon Razanamahasoa

L’éventualité d’une révision de la Constitution a suscité un débat passionnant entre les partisans, les opposants et les juristes hier à Anosy. Christine Razanamahasoa évoque une manipulation politique.

Il a fallu à Olivier Rakotovazaha, partisan du changement de la loi fondamentale, de trouver la parade et esquiver à la manière des boxeurs de haut niveau pour affronter le vice-président national du parti HVM, Rachid Mohammed et Christine Razanamahasoa, députée de Madagascar, lors du débat qui s’est tenu hier au Carlton à Anosy.

Comme il fallait s’y attendre, la députée Christine Razanamahasoa, du parti

« Miaraka amin’i Prezidà Andry Rajoelina » (Mapar), a fait remarquer qu’il y a un relent de manipulation politique derrière cette initiative, « soit pour détourner l’attention publique sur l’incompétence du pouvoir actuel (…) ou  pour prolonger le mandat présidentiel ». Et  elle de mettre l’accent sur la notion de « nécessité jugée impérieuse » comme le souligne la Constitution.

D’après l’élue d’Ambatofinandrahana en reprenant les arguments des tenants du pouvoir actuellement, il n’y a rien qui justifie la nécessité de changer ou de modifier la Constitution. Alors que selon l’article 161 de la Constitution,  « Aucune révision de la Constitution ne peut être initiée, sauf en cas de nécessité jugée impérieuse ».

« C’est dans cette notion de « nécessité jugée impérieuse  » que réside la clé de voûte de la révision de la Constitution (…). Tous les citoyens, élus ou pas, ont des mots à dire là-dessus mais malheureusement, l’appréciation de cette notion appartient uniquement aux juges constitutionnels », a expliqué l’ancienne Garde des Sceaux de la Transition qui, a priori, ne semble pas  avoir confiance en ces derniers.

Réveil

Au niveau des partisans du changement ou de la retouche de la Constitution, en revanche, il s’agit d’une nécessité et plusieurs points ont été soulevés pour bétonner leur argument. C’est le cas de la mutation des « fokontany » en Collectivité territoriale décentralisée (CTD). Sur ce point, l’élue du Mapar de rétorquer : « Pourquoi, après quatre ans d’exercice de pouvoir, le Président de la République se réveille brusquement de sa léthargie pour ériger les fokontany en CTD, où étiez-vous pendant ces quatre années ? Est-ce que ceci nécessite un référendum ? ». Elle estime en effet qu’une simple loi ou un décret pourrait ériger les fokontany en CTD.

L’autre point marquant des arguments évoqués lors du débat d’hier concerne par ailleurs non seulement le budget pour l’organisation d’un référendum mais aussi son opportunité dans le temps. « Soyons clair et honnête, ayons au moins l’honnêteté intellectuelle et politique de reconnaître qu’un référendum avant les élections ne serait jamais une garantie de stabilité politique et n’emmènera pas sûrement l’apaisement », a indiqué Christine Razanamahasoa. D’après elle, « L’opportunité d’une révision constitutionnelle nécessite l’adhésion de toutes les forces vives de la nation afin de parvenir à un consensus qui sera la garantie de la stabilité (…) et il faudrait quand même qu’il y ait des débats au préalable ».

Ces temps-ci, depuis que le Premier ministre a évoqué le sujet en marge d’une inauguration à Ivato, le référendum et la révision de la Constitution sont au centre de discussion politique. La société civile fait partie de ceux qui réclament un débat plus poussé sur ce point.

« La Constitution de la IVe République contient assurément bien des imperfections. Pour autant, vouloir la réviser à la hâte avant les élections prévues en 2018

est inopportun », a fait savoir un groupe d’Organisme non-gouvernemental dans un communiqué commun. Selon eux, « Entamer aussi tardivement un processus constitutionnel sur la simple question de la démission du président de la République, candidat à sa propre succession, semble servir le seul intérêt particulier du président actuel et non pas l’intérêt général ».

Rakoto

 

Les commentaires sont fermées.