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Chronique : révision de la constitution, un chiffon rouge…

La constitution sur laquelle repose la 4ième République présente certes pas mal de faiblesses et recèle des contradictions qui ne facilitent pas son application voire qui favorisent des possibilités de passer outre, pour ne pas dire de la violer. Une constitution «maso» ? Dans le genre on en connait peu. On n’a pas davantage vu des célébrations d’anniversaire avant que le bébé n’ait vu le jour. C’est ce qui a pourtant été. La 4ième n’était pas que déjà on fêtait l’anniversaire de sa constitution, « remember ! ». Pour oser et savoir défier le ridicule, ils posent là ! Comme pour toutes les bêtises et âneries de gouvernance, le pays et le peuple paient cash les conséquences au prix fort, en la circonstance la République fait les frais du ridicule. Avec mépris on cherche à l’y enfoncer encore plus.

L’obligation faite au Président de la République de démissionner 60 jours avant la tenue des élections s’il entend prendre part à la course avec la prétention de se succéder à lui-même ne constitue pas la disposition qui manque le plus d’à-propos et de cohérence. Et pourtant c’est celle qui est à l’origine d’une manœuvre ayant pour but une révision de la constitution accompagnée de tout le chambardement en conséquence.

Les lanceurs du ballon-sonde « révision de la constitution » n’attendent de leur initiative que les réactions des acteurs politiques. Peu importe leur option en faveur de tel ou tel type de constitution, l’essentiel est qu’ils réagissent ainsi plutôt qu’à débattre sur l’opportunité de procéder à une révision. La manœuvre semble avoir réussi. Allécher par l’odeur les voraces ne ressentent que la joie de se battre pour l’adoption d’une constitution taillée à leurs mesures. Tous loin du souci de jeter les fondements et d’ériger des structures propres à favoriser l’évolution de la nation, en fonction des moyens du pays et des besoins de la population, correspondant aux conditions du siècle. Dans la bagarre de chiffonniers, personne ne se préoccupe de la question essentielle que pose l’immédiat : la conséquence directe par une perturbation du calendrier électoral. Un obus d’apparence incolore sous la forme d’un suppositoire indolore signant pourtant une prolongation du régime en place.

Léo Raz

 

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