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Filière vanille : baisse de qualité contre envolée des prix

Filière vanille  : baisse de qualité contre envolée des prix

Des prévisions dramatiques ont secoué le marché de la vanille malgache au lendemain du passage du cyclone qui a ravagé près de 30% des champs de vanille du Nord de l’île. Aujourd’hui, le bilan est tout autre : la baisse de la qualité inquiète plus que l’envolée des prix.

La situation du marché de la vanille a attiré l’attention de la presse internationale ces derniers jours. Si l’on a annoncé une baisse considérable de la production à la fin du premier trimestre de l’année, les premières observations de la campagne démarrée en juin dernier sont moins alarmantes que ce qui a été prévu. La récolte actuelle s’annonce stable en volume. S’il est encore difficile d’avoir des statistiques précises, Madagascar est de loin le plus gros producteur mondial de vanille. Et selon les spécialistes, environ 80 % des 2.500 tonnes de vanille qui seront consommées dans le monde en 2017 proviennent toujours de Madagascar.

Ce sont tout de même des chiffres à prendre avec des pincettes puisque, Georges Geeraerts,  président du Groupement des exportateurs de vanille de Madagascar (GEVM), explique à «Le Point» que «Même pour nous les acteurs du secteur, qui sommes très actifs dans la recherche d’informations, le marché reste très opaque».

«Il faut maintenant attendre le début de la campagne de vrac, mi-septembre, pour connaître l’orientation du marché. Si les acheteurs se positionnent massivement en début de campagne, les prix continueront de flamber», prévoit sur Jeune Afrique Emmanuel Nee, directeur du département ingrédients du négociant de matières premières français Touton, à propos de la campagne de vanille 2017.

Incertitudes

En comparaison à l’année dernière, les cours n’ont pas autant flambé dans la Grande île: le kilo de la vanille verte se vend tout de même autour de 160.000 ariary, environ 45 euros, contre 80.000 ariary au début de la campagne 2016. Ce qui n’est pas le cas de la gousse brune.

En partant des cours affichés en 2012, les cours mondiaux de la vanille préparée ont été multipliés par 30. Alors qu’elle se négociait encore en 2012 autour de 20 euros le kilo, le cours de la vanille devrait atteindre pas moins de 600 euros le kilo cette année, selon les propos de Georges Geeraerts. Cyclope, une société d’études spécialisée dans l’analyse des marchés mondiaux des matières premières, évoque même dans son rapport du même nom «une bulle spéculative dangereuse».

Mais cette grimpée des prix a engendré un autre phénomène : celui d’une baisse de qualité sans précédent. Le taux de vanilline, la molécule tant recherchée par les industriels, n’a jamais été aussi bas. Et c’est certainement là que se situe le vrai danger pour la Grande île. Selon certains exportateurs, les taux de vanilline tournent autour de 1 %. Et pour Madagascar, les enjeux demeurent nombreux face à une flambée des prix, une baisse de la qualité, et des pays qui sont prêts à reprendre le marché, à citer l’Indonésie, la Papouasie Nouvelle Guinée, l’Ouganda et l’Inde.

Arh.

 

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