Flash
Préc Suiv

En déroute

En déroute

Les coups de gueule auront beau se multiplier mais l’hécatombe se poursuit. Les routes nationales continuent de tuer et les rues de la capitale sont devenues une véritable jungle urbaine où les bandits lourdement armés règnent en maître puisqu’ils semblent en avoir désormais fait le théâtre de leurs opérations. En seulement quelques jours, combien de cas de braquages de véhicules de transport en commun ont-ils été rapportés par les médias et les réseaux sociaux ? Les coupeurs de routes en régions ont visiblement fait des émules.

Les explications et autres justifications ne tiennent pas la route. Le caractère imprévisible des attaques et des accidents ne peuvent servir d’excuse car c’est bien pour que ceux chargés de ces questions en minimisent les risques, que les contribuables paient de lourds impôts. Ainsi, avant de se défiler et tout mettre sur le compte de la «responsabilité de chacun», les autorités doivent se poser la question de savoir à quel niveau ils ont failli. Par exemple, alors qu’ailleurs, tous les responsables concernés sont sur le pied de guerre dès l’entame de la période de vacances et que juillettistes comme aoûtiens bénéficient de consignes ainsi que d’accompagnements particuliers, à Madagascar, on n’aura vu une timide campagne anti-accidents intervenir qu’après des accidents particulièrement mortels. Etant-nous, Malgaches – parfois si prompts, à plagier ce qui se fait à l’étranger, l’on s’étonne pourquoi les autorités routières et responsables des forces de l’ordre semblent avoir jeté la notion de prévention aux oubliettes.

On ne pourra évidemment pas dire que les rues sont le cadet des soucis des dirigeants. Elles ont bien toute leur attention mais seulement dans des circonstances particulières, en l’occurrence chaque fois lorsque telle ou telle entité, politique ou non, menace d’y descendre. Dans ces cas-là, on assiste à un déploiement impressionnant de dispositifs de sécurité si musclés qu’aucun accident (de la circulation) ne risque d’y survenir et qu’aucun malfaiteur n’oserait s’y aventurer.

Autant donc se faire une raison ? Il semblerait en effet, à partir de là, que les notions de sécurité des personnes et des biens, d’ordre public,…. sont devenues extrêmement relatives, ne se définissent guère plus de la même façon pour tout le monde et surtout, ne s’appliquent plus de la même façon pour tout le monde. En empruntant cette voie, ceux qui gouvernent font fausse route et emmènent le pays avec eux.

N.R.

 

Les commentaires sont fermées.