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Sauveurs dit-on

Sauveurs dit-on

« J’ai entendu vos appels, j’ai entendu toutes les plaintes du peule malgache, sa souffrance et sa tristesse. Le peuple malgache m’a encouragé à me lancer dans cette course ». C’est une partie des phrases d’un pasteur annonçant sa candidature à la présidentielle à venir, quoi que la date n’est pas encore officielle jusqu’ici. C’est le genre de discours que la population entendra, chacun à sa façon, dans les mois à venir de la part de ceux qui estiment avoir la bénédiction de leur Dieu pour ravir la magistrature suprême. C’est le cas du pasteur en question qui avait déjà déclaré, urbi et orbi, depuis presque une décennie qu’il serait président en 2013 par la grâce de Dieu. Sauf que la prophétie ne s’est pas réalisée et que quatre ans après, il n’est toujours pas président. Et voilà qu’il annonce sa candidature à la présidentielle.

Le plus étonnant, c’est que même si la prophétie ne s’est pas réalisée, le pasteur a réussi à mobiliser ses fidèles comme si de rien n’était. Il faut reconnaître que la religion qu’il prêche se trouve sur un terrain propice à toute sorte de prophétie. Pauvreté, insécurité, corruption, profusion de maladies. Pire encore, une population laissée à l’abandon par un pouvoir central dont les principaux responsables ne pensent qu’à garnir leur portefeuille. Tous les ingrédients qui amènent à grossir le nombre de pseudo-pasteurs et autres charlatans  en tout genre sont donc réunis. Et cela réussit à ceux qui savent se montrer convaincants dans leur verve. Les «petites églises» poussent comme des champignons à chaque recoin de la ville sans que l’on puisse garantir si l’Etat avait donné son feu vert ou pas.

Toujours est-il que le pouvoir de ces «nouveaux pasteurs» s’agrandit de jour en jour au point qu’ils se trouvent au même titre que les Chefs d’église traditionnelle lors des rendez-vous officiels. Par conséquent, ils se considèrent comme tellement importants, qui plus est requinqués par leur popularité et leur richesse, que certains n’hésitent pas à s’essayer à la course à la magistrature suprême. Et comme les politiques ont failli à leur devoir, c’est désormais aux autres acteurs de prendre le relais, en rabaissant irrémédiablement la posture présidentielle des forces vives.

Rakoto

 

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