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Forces de changement : descente prévue dans la rue

Les acteurs politiques qui se réunissent au sein du mouvement «Les forces de changement» se radicalisent. Ils ont choisi de descendre dans la rue pour se faire entendre.

Un nouveau bras de fer se profile à l’horizon entre les opposants et le régime. Lors d’une rencontre avec la presse, hier, à Andravoahangy Ambony, les ténors du mouvement «Les Forces de changement» ont indiqué que la descente dans la rue demeure la seule option pour se faire entendre par le régime. «Nous avons décidé de réunir la population et de descendre dans la rue pour manifester notre mécontentement et en vue de dénoncer les dysfonctionnements et l’échec dans la gouvernance du pays», a tonné hier Maharavo Ratolojanahary dit «Doudou», porte-parole du mouvement. Il n’a pourtant pas précisé le moment ni le lieu de cette manifestation.

Lors de sa prise de parole, l’administrateur civil de formation n’a pas manqué de souligner, encore une fois, les divers maux du pays et qui incite le mouvement à prendre ses responsabilités. «Il n’y pas de liberté, ni pour les opposants, ni pour la presse. C’est trop», a-t-il ajouté.  Et d’ajouter que, «Pendant ce temps, les dirigeants continuent de fouler au pied la Constitution (…)». Le mouvement Les Forces de changement estime que la liberté de manifestation étant garanti par la Constitution, il est de son devoir de l’appliquer à la lettre.

Responsabilité

Cette initiative pourrait en tout cas se heurter probablement à un refus d’autorisation de la part de l’Etat car ces derniers temps, toutes les manifestations qui accablent le régime ont reçu une fin de non-recevoir. C’était le cas lors de la célébration du XVe anniversaire du parti «Tiako i Madagasikara» (Tim). «Le préfet et les forces de l’ordre ne doivent pas constituer une force de répression (…). Au contraire, la responsabilité des forces de l’ordre c’est d’encadrer notre manifestation et non pas la réprimer», estime Maharavo Ratolojanahary. Quoi qu’il en soit, le mouvement entend demander l’autorisation de manifester à la Commune urbaine d’Antananarivo ainsi qu’à la Préfecture. Par ailleurs, une rencontre avec le Tribunal administratif et financier (Taf) est aussi prévue ce jeudi. «Nous allons évoquer notre droit et notre responsabilité face à la situation qui prévaut au pays (…). Antananarivo n’appartient pas au régime, tout comme Madagascar d’ailleurs», note le groupe.

L’existence des  «Forces de changement» avait été officialisée en mai dernier au Panorama à Andrainarivo. A l’époque, le mouvement avait revendiqué une co-gestion des affaires nationales avec un pouvoir réduit du chef de l’État, à travers un projet de convention. Le projet qui ressemble de près à la «Convention du 31 octobre 1991» prévoyait la dissolution de toutes les institutions législatives, du gouvernement et de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). La mise en place d’un gouvernement d’union nationale, d’une Assemblée constituante, d’un Conseil de réconciliation nationale, d’un Conseil économique et social a été aussi avancée. Des initiatives que les tenants du régime voient comme une manière pour les opposants de revenir au pouvoir, et que le HVM avait écarté du revers de la main.

J.P

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