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Chronique : retour aux bonnes pratiques

L’année dernière, on nous avait annoncé le retour aux bonnes pratiques. Exit les passe-droits et les dérogations, désormais on respecterait, à défaut des textes, les règles du bons sens. L’année dernière, nous pensions que les cas d’élèves prodiges, candidats aux examens du premier et du second degrés avec deux, trois voire quatre ans d’avance ne seraient bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

Vous aviez oublié ? Les malheureux candidats, fierté de leurs parents, avaient leur petite heure de gloire quand la presse révélait qu’un enfant de six ans passait le CEPE ou un préadolescent de onze ans était inscrit aux épreuves du BPEC. Une fois passé le bref moment sous la lumière des projecteurs, ces élèves disparaissent des statistiques. On ne sait pas grand-chose de la suite de leur aventure scolaire si ce n’est que leur parcours se termine rarement par des études universitaires brillantes.

Cette année pourtant, nous avons appris que malgré toutes les mesures annoncées en 2016, la benjamine des candidats au CEPE avait sept ans. Cette petite demoiselle avait donc passé l’année scolaire à préparer un examen, alors qu’elle aurait dû la consacrer à découvrir « la grande école » et au plaisir d’apprendre à lire et à écrire. On n’ose imaginer ce qu’elle faisait à l’âge de cinq ans : des multiplications, des tableaux de conjugaison ?

Un sondage montrerait que la plupart des parents n’accepteraient pas de faire souffrir leur enfant pour qu’il passe le CEPE quatre ans avant l’âge « normal ».Mais il montrerait aussi que faire sauter une classe à un élève pour qu’il gagne un an de scolarité -et permette à ses parents de faire des économies substantielles, est une entorse au règlement tout à fait acceptable.

Cette année encore, il y aura encore eu un nombre non négligeable de candidats de T4 (8ème) au CEPE et deT8 (4ème) au BEPC, pour la plus grande gloire de leurs parents. Echec pour le retour aux bonnes pratiques.

Kemba Ranavela

 

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