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Madagascar il y a 100 ans : la taxe du pain (1)

On nous écrit :

Pour donner satisfaction à quelques désœuvrés, qui ne savent pas toujours ce qu’ils veulent, un arrêté municipal du 30 juin dernier est venu taxer le pain de ménage, fourni par les boulangers, à quatre-vingt-dix centimes le kilo pesé.

Pour établir ce chiffre, on a pris sans doute pour base le prix auquel l’intendance livre ses boules de pain de 1 k. 500 aux militaires, pour leur faciliter les moyens d’existence, et ce prix est de quatre-vingt-neuf centimes le kilo. Il est établi suivant le prix de revient net de la farine, sur lequel l’Intendance s’interdit tout bénéfice.

Or cette bonne dame, qui ne trafique d’ailleurs qu’avec les deniers de la princesse, ne paie ni patente, ni contribution d’aucune sorte, ni ses ouvriers, ni location aucune, ni le bois qu’elle brûle, ni l’intérêt de son capital, ni même ses propres émoluments. De plus, si sa farine éprouve des déchets par suite de fermentation, d’insectes, de rats, etc., c’est l’argent du contribuable, notre argent à nous, qui paie le déficit.

Et dans ces conditions on met en parallèle le boulanger civil auquel on croit accorder un centime de bénéfice pour faire face à tous les frais indiqués ci-dessus, en plus, pour vivre, lui et sa famille, combler les pertes que ne manquent pas de lui faire subir des clients peu scrupuleux, et, sans doute, faire aussi

des économies pour ses vieux jours.

Il faut encore tenir compte que n’ayant pas dans le pays de meunier chez qui acheter sa farine, il est obligé de s’approvisionner au moins six mois à l’avance, tout en payant sa farine d’avance.

Cet exposé suffit, je pense, pour faire ressortir le bien-fondé de la taxe.

L’Intendance, s’appliquant toujours à livrer ses produits aux prix de revient, donne le litre de vin au prix de 0,92 à 0,97 centimes, alors qu’en ville son prix minimum est de 2 francs le litre, le litre de rhum à 1 f. 30, alors que partout on le paie 3 francs, et ainsi à l’avenant pour les autres produits, sucre, café, etc.

(À suivre.)

  1. M.

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

 

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