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Thierry Sinda : « Il est important que le Sud puisse diffuser sa culture »

Thierry Sinda  :  « Il est important que le Sud puisse diffuser sa culture »

Poète, écrivain,  enseignant-chercheur, journaliste, critique de cinéma,  Thierry Sinda sait parfaitement concilier toutes ces activités qui gravitent autour des lettres. Au cours de ces vingt-cinq dernières années, il a écrit de nombreuses études sur le mouvement de la néo-négritude en le redéfinissant. Effectuant un court séjour au pays, il nous a partagé sa vision personnelle de la littérature francophone et la littérature malgache en particulier. Interview.

*Les Nouvelles : Parlez-nous de ce mouvement littéraire de la néo-négritude ?

– Thierry Sinda : La collection «Poètes des Afriques et d’Ailleurs» est le pendant sous forme d’écrits de la vivante manifestation éponyme que j’ai fondée en 2004 à Paris. Au cours de plus d’une décennie de festival, donnant naissance  et abritant le mouvement littéraire de la néo-négritude, j’ai pu constater avec bonheur l’extrême vivacité et la grande qualité de la poésie des Afriques d’aujourd’hui, allant de la mer des Caraïbes à l’océan Indien en s’arc-boutant sur l’Afrique Mère pour accoucher d’une poésie de langue française engagée, mémorielle et fraternelle.  Le recueil du poète  martiniquais Henri Moucle «Chant du Black Paname», qui vient de paraître aux éditions Delatour France, en est un des produits et celui aussi de toute une chaine de passionnés du livre et de la culture.

*Les oeuvres de Dox ont été au cœur de la célébration du Printemps des Poètes des Afriques et d’ Ailleurs.

– Parti d’un constat que les Noirs peuvent servir de modèle positif, j’ai initié en 2004 le mouvement littéraire de la néo-négritude et fondé la même année  le Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs, qui a été parrainé de manière inaugurale par le poète Jacques Rabemananjara. Pour sa 14e édition, l’événement a rendu un vibrant hommage  à Jean Verdi Salomon Razakandraina, au mois de mars dernier. Bien qu’il soit un auteur émérite, Dox était quasiment un inconnu dans le continent africain, mais depuis la réédition de son recueil de poèmes intitulé «Chants capricorniens», l’ouvrage a pu bénéficier d’une promotion dans l’espace francophone international.

*Comment avez-vous eu écho de la littérature malgache ?

– Ma découverte personnelle de la Grande île remonte à 1987, époque où j’ai occupé les fonctions de professeur à l’école française de Mahajanga. En 30 ans, mon amour de l’enseignement n’a eu d’égal que ma passion pour l’histoire, et notamment pour la culture du pays. La poésie n’avait pas accès aux médias à l’époque et les poètes étaient connus seulement d’un petit cercle. Ce qui ne fut pas le cas de Jacques Rabemananjara, Jean-Joseph Rabearivelo et Flavien Ranaivo, qui se sont vraiment démarqués du lot.

*Où en est-on en matière de littérature ?

-On n’écrit seulement pas de la poésie. Nous sommes dans une société où il est insécable de connaître la culture et la société de nos poètes pour justement défendre leurs causes.   En matière de culture, la référence d’orientation a toujours été du Nord vers le Sud. Il est plus qu’important que le Sud puisse mieux diffuser sa propre culture.

Propos recueillis par Joachin Michaël

 

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