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Reflet – Atmosphère d’insécurité : panique ! Des milliers de Karana et moi et moi… Emoi !

Nombre de faits et événements récents témoignent d’un climat général d’insécurité, la répétitivité des rapts dont sont victimes des indopakistanais rapporte la preuve que de l’absence de sécurité leur communauté n’est pas épargnée, ses membres constituent même des cibles de choix pour les pratiquants de ce genre de crime. Il serait inique de réduire le phénomène à une simple part du feu qu’est ce climat délétère, toutefois il ne s’agit pas pour autant dans le contexte général d’en faire un cas particulier prioritaire requérant remède des plus urgents prenant le pas sur la recherche d’une solution d’ensemble. Comme tous les groupes au sein de la société la communauté karana souffre aussi d’autres maux,  par le fait d’individus appartenant ou extérieurs à sa communauté. Nul besoin de s’en cacher autrement ça ne ferait que donner crédit à la rumeur qui répand l’idée que les kidnappings ne sont qu’un mode de règlement de comptes entre Karana. Allégation mensongère en l’absence de tout début de preuve pour accréditer telle supputation.

La globalité de cette actualité prête l’occasion de faire le point sur des repères dans l’évolution des relations entre la population autochtone et les Karana.

Les méfaits d’un sale type au sein du climat de terreur à Toamasina

Question sécurité, Taomasina actuellement ne jouit pas d’une bonne réputation. Les risques sont élevés pour qui s’y aventure sans prendre de précaution. Des aventuriers de tous acabits, aux intentions malhonnêtes, guettent les moindres occasions pour réaliser leurs forfaits, agissant avec détermination parfois sans souci des drames conséquences de leurs exactions.

De ces bandits il en est un qui sème la terreur par la brutalité de son comportement pour parvenir à des fins coupables. S’étant taillé une réputation de «brigand bien introduit» il se permet tout et tout lui réussit. Malheur à celui qui se met en travers de ce qu’il entreprend. De ses coupables activités il accorde préférence à l’appropriation sauvage des terrains d’autrui. Les victimes se plaignent de la rapidité miraculeuse dont il fait preuve pour actionner une riposte administrative enterrant toute procédure de défense introduite par les vrais titulaires du titre en droit.

Par expérience à ce qu’il parait la fausse vraie régularisation se moque des irrégularités. Il se trouve que cet individu est un Karana, il n’est pour autant ni regardant ni sectaire, et ne s’interdit pas de dépouiller ses frères Karana. Sans besoin de décliner dans les détails les actes de piraterie que l’opinion prête à son compte, on ne retient que la dernière manifestation de ses excès où dépassant les bornes il a franchi le seuil du «pas permis», si bien que ça lui a coûté la fin des protections lui ayant assurer une sorte d’immunité.

Des dédales qui rappellent les tribulations d’une personnalité défrayant actuellement la chronique : vraie hospitalisation pour fausse maladie, tentative d’exfiltration à l’étranger malgré une Interdiction de Sortie du Territoire, récidive par une autre tentative réussie. Le malfrat coule pour l’instant un tranquille séjour à la Réunion, Karana de son état Français par nationalité.

Les poursuites engagées ne se solderont pas par un accord en douce entre Karana, les victimes Malgaches et Karana confondus ont formé une association pour défendre solidairement leurs biens mal acquis par le malfrat. La procédure reste un mystère, il ne faut pas compter sur une extradition du scélérat, en son absence les biens en son nom peuvent-ils servir d’otages à valoir gages pour les dommages dont il est responsable civilement et pénalement par la commission des infractions retenues contre lui ? Cette affaire reste à suivre, signe parmi d’autres gages de sincérité indispensables pour pouvoir juger de l’honnête volonté des magistrats dans le combat qu’ils mènent pour un retour en grâce du système judiciaire.

Le fait que l’on trouve unis pour une même cause des Malgaches et des Karana au sein de cette association de victimes, témoigne d’un pas franchi vers une mentalité d’un pouvoir-vivre ensemble. Il n’est pas trop tôt, ni non plus trop tard, pour émettre un constat sans hypocrisie concernant les relations malgache-karana, alors que les deux parties ne trouvent pas bénéfice à poursuivre ces relations dans le statuquo.

De façon brève, les relations sont déplaisantes pour les uns comme pour les autres malgré des apparences que sauve une hypocrisie obligée. Ce ne sont pas les gestes autant occasionnels que superficiels de bon ton au motif d’actions humanitaires qui parviendraient à cimenter une cohabitation harmonieuse.

L’histoire en partage s’inscrit sur un siècle, mais pour bien faire faut-il encore essayer de chercher des repères objectifs afin de fonder sur du solide un vivre ensemble en bonne intelligence.

Vivre ensemble différent d’un vivre côte-à-côte en chiens de faïence

Le plus clair du temps les deux groupes chacun dans son coin exploitent de façon différente l’idée que l’un vit aux dépens de l’autre, soupçonnant réciproquement que l’autre sait ce que l’un pense et commet pourtant en concordance de ce que l’autre suspecte.

Au-delà des idées préconçues souvent bien ancrées, il reste que  si les Karana venaient à quitter en masse le pays, la collectivité perdrait un groupe de population reconnu très actif, de leur côté les Karana éprouvent un réel attachement et expriment une préférence à l’égal d’une nécessité pour vivre sur cette île de leur élection dont la population n’a pas fini de vraiment les adopter.

Chacun s’adapte à cet inconfort stérile qui perdure inchangé sans perspective de satisfaire ni les uns ni les autres. Plutôt que de se rejeter la responsabilité de ces rapports lamentables, il semble raisonnable de chercher les moyens de les faire évoluer, il apparait pourtant difficile d’espérer apporter une réelle évolution si l’on n’inscrit pas les efforts dans les repères de l’histoire que l’on a eu en partage.

Prudence dans l’adoption de mesures pour intérêts partagés

La nécessité de revisiter les fondements et de réviser les fondamentaux ne constitue plus un secret pour personne, tant le constat s’impose : le pays est mal parti et l’Etat malade. Le citoyen n’est pas quitte pour autant de ses responsabilités. L’état de citoyen procure des droits en contrepartie requiert des obligations autres que des  postures prétendues de civisme, exige des dispositions intellectuelles et morales, gages d’appartenance à la nation : considération valable autant pour les nationaux d’origine que d’adoption, nécessitant périodiquement des piqûres de rappel.

La question Karana s’inscrit dans ces préoccupations de ravalement de tous les composants de la société. Le sujet d’octroi de la nationalité aux membres de la communauté indo-pakistanaise reste un appendice, malgré l’importance que revêt l’accès ouvert au plus grand nombre, pour qu’ainsi une majorité jouisse d’un statut à part entière avec les obligations qui en découlent plutôt que laisser en marge un grand nombre dans une catégorie entièrement à part, isolée sujette à toutes les foucades que par la force des choses encline à verser dans toute sorte de combines.

La détermination à l’occasion de grandes causes d’épouser les intérêts de la nation sans préjudice du déploiement  de dynamisme au quotidien à la recherche d’intérêts personnels, conditionne une sincère intégration exprimée en retour par une acceptation tacite de la population. Les efforts promettent d’être de longue haleine avant de produire des résultats palpables, car en prime de la différence des origines se superposent les écarts de catégorie sociale. La communauté indo-pakistanaise se compose d’un grand nombre de personnes possédantes alors que les familles malgaches dans une grande majorité sont démunies. Même si dans le principe les idéologies ont abandonné la lutte des classes, au quotidien celle-ci sourde et parasite parfois les relations.

Les malfaiteurs n’échappent pas à cette règle lorsqu’ils opèrent le choix de leurs victimes. Les gangs qui opèrent des rapts ne commettent pas nécessairement par-dessus leur crime un délit de faciès en ciblant des Karana, ils pêchent par ostracisme en jetant leur dévolu sur une classe sociale réputée disposer de possibilités énormes permettant de cracher cash en liquidités même libellées en devises étrangères.

Le bon déroulement de la période d’intégration réclame de la communauté Karana de faire la police en son sein, afin d’empêcher toute tentative de collusion de l’un de ses membres dans une quelconque magouille. Ces considérations restent théoriques et supposent au préalable un Etat fort imposant son autorité à travers le pouvoir exercé par des personnes honnêtes capables de mener des opérations d’assainissement drastique à tous les étages des décisions et dans toutes les ramifications de l’administration du haut au bas de l’échelle.

Séquelles des ambiguïtés du temps de la colonie

Des Indo-pakistanais ont fait souche à la faveur de l’invasion coloniale, ce qui permet à nombre d’entre eux de prétendre légitimement à la fois d’être des natifs de l’île et d’être les représentants d’une troisième voire quatrième génération de familles implantées. Natifs il est vrai autant qu’est réalité la bonne implantation des familles, mais demeure le fait qu’ils n’ont pas tout à fait réussi ni à conquérir grâce à un comportement individuel ou de groupe l’adoption par la population pour une intégration dans une nation pourtant pluriethnique.

 Durant la période coloniale et au moment des crises, les Karana ont vécu d’un état bâtard ni indigène ni citoyen de la puissance colonisatrice, et les autochtones aimaient à les traiter de vazaha sans que ce traitement ne leur ait déplu. La mémoire populaire n’a pas oublié cet épisode, même si ce souvenir mérite d’être rangé dans les placards.

Ni l’intégration ni la cohabitation ne nécessitent d’effacer les différences, il suffit de les accepter tout simplement dans cette démarche il faut reconnaitre dans ces différences leurs valeurs respectives plutôt qu’à vouloir les dénigrer en en cherchant faiblesses voire des tares.

Des événements externes au pays une fois l’indépendance acquise ont apparu pour exacerber les relations, les Karana posaient problème à partir de la naissance de l’Etat du Pakistan et de la décision de l’Inde à décliner la nationalité indienne aux originaires de l’Inde installés à l’étranger. A noter que durant la période coloniale, l’administration française n’a octroyé la nationalité française qu’à quelques rares ressortissants indiens installés à Madagascar.

Nombreux Karana sont devenus apatrides dans un pays où ils résidaient depuis des générations mais dont ils avaient négligé la demande de nationalité au moment de l’accession de ce pays à l’Indépendance.

Page Réalisée par Léon Razafitrimo

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