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Claudine Razaimamonjy à Manjakandriana : un traitement privilégié

Comme il fallait s’y attendre, la propriétaire de l’hôtel A & C d’Ivato a été transférée hier à la prison pour femmes à Manjakandriana.

L’information a été relayée à travers les réseaux sociaux hier toute la journée. Sans surprise, la conseillère spéciale du Président de la République et principal bailleur de fonds du parti présidentiel a été transférée de la prison d’Antanimora à celle de Manjakandriana. Cette dernière, plus confortable au niveau des infrastructures par rapport aux autres, a reçu donc une invitée de…marque en son sein.

Ce traitement de faveur inquiète en tout cas le milieu sociopolitique dans la mesure où ce ne sont pas tous les prisonniers et prisonnières qui en bénéficient. Et ce, d’autant plus que la principale concernée est encore en attente de condamnation. Cette décision confirme aussi, à priori, l’influence de certaines personnalités au sein du pouvoir judiciaire. Alors que, pendant ce temps, les magistrats à travers leur syndicat ne cessent de réclamer leur indépendance.

Plus encore, s’il ne s’agit pas d’une affaire d’Etat, comme le souligne les ténors du régime, il faudrait juger la conseillère du Chef de l’Etat comme tout le monde. «Elle doit être jugée selon la procédure normale, comme un simple citoyen car la Constitution stipule que la loi est la même pour tous», avait indiqué le vice-président du SMM lors d’une émission sur «Alliance 92 FM».

Mesure exceptionnelle

Plus inquiétant encore, dans ce feuilleton sans fin, c’est que la mise sous mandat de dépôt de l’opératrice économique à Antanimora ne semble pas créer un trouble à l’ordre public ou une tension politique qui pourrait motiver son transfert. Sur ce, la décision semble avoir été seulement prise pour «libérer» le principal pourvoyeur de fonds du parti présidentiel, le HVM.

Inaugurée en 2007 par le ministère de la justice de l’époque ainsi que l’Union européenne, la prison de Manjakandriana est une annexe de la maison centrale d’Antanimora. Elle est destinée à accueillir des femmes et des jeunes mineurs mais depuis quelques temps, l’établissement fait office de «prison dorée» pour des personnalités politiques qui dérangent ou encore des personnalités de haut rang pour échapper au quotidien de la maison centrale d’Antanimora. Là où se trouve, cependant, la majorité des prisonniers de la capitale, à l’exception de ceux qui bénéficient d’un traitement de faveur de la part des hauts responsables étatiques.

Rakoto

 

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