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Illusions

« Investors conference for Madagascar ». C’est la nouvelle formule, plutôt aguichante, trouvée par les responsables étatiques pour attirer les investisseurs sud-africains depuis Johannesburg à partir de ce jour. Il s’agit, selon les explications fournies, d’exposer les potentiels de la Grande île sur tous les plans. Une idée lumineuse diront allègrement les courtisans du Palais, irréaliste diront les autres. Et pour cause, il y a quelque chose d’inquiétant par rapport à ces initiatives de ce régime. D’un côté, on clame haut et fort la nécessité d’investir à Madagascar en faisant des belles promesses aux partenaires traditionaux et les éventuels investisseurs, alors que sur le plan national, la situation est tout autre.

Comment pourrait-on garantir la venue d’une somme conséquente dans un pays où l’insécurité, humaine ou financière, fait partie de son lot quotidien ?  Il suffit d’ailleurs de dénombrer la liste des proches des opérateurs économiques locaux enlevés pour s’en inquiéter. A cela s’ajoutent les attaques à main armée dont on n’arrive jamais à savoir d’où viennent les armes de guerre utilisées par les bandits. Pareil sur le plan judiciaire, où les nombreux textes et lois n’arrivent pas à éradiquer le fléau des dessous de table  dont l’implication dans les entreprises est aussi conséquente. Sans oublier que l’Advance Cargo Declaration (ACD) continue d’inquiéter le milieu économique.

Tout cela pour dire que l’Exécutif devra revoir certaines de ses ambitions, ou plutôt de ses rêveries. A titre d’illustration, à l’issue de la Conférence des bailleurs et investisseurs qui s’est tenue à Paris l’année dernière, il a été déclaré urbi et ordi que Madagascar aurait engrangé plus de 6,4 milliards de dollars. Alors que, plus de six mois plus tard, personne n’est en mesure de confirmer que cette somme est rentrée dans les caisses de l’Etat. Au contraire, les promesses d’appui de la part des partenaires ne restent qu’au stade de la diplomatie et du verbiage. Rien de plus.

Rakoto

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