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MMM SUR LES VINDICTES POPULAIRES : «Le pays est au bord d’une guerre civile »

Les dirigeants n’ont aucun scrupule à violer la Constitution dès le moment même où ils accèdent au pouvoir, précise ce politicien.

Les justices populaires ont toujours existé à Madagascar, mais cette pratique a pris des proportions alarmantes ces dernières années. En 2016, on en a recensé une quarantaine. Depuis le début de cette année, les statistiques font état d’une dizaine de cas de justice populaire.

« Les vindictes populaires constituent un moyen pour la population de se défendre face aux diverses injustices sociales favorisées par l’inertie des autorités dans la protection des personnes et de leurs biens», a affirmé hier Laurent Ramaroson du parti Malagasy Miara Miainga (MMM). Lui d’ajouter que la méfiance de la population envers le système judicaire explique également la recrudescence de ce phénomène. Ce politicien aspire à des solutions durables pour lutter contre ce fléau. «Le Dina est une forme d’organisation sociétale mise en place au sein d’un territoire bien défini en tant que moyen de défense des villageois. Il pourrait varier d’un lieu à un autre, d’une société à une autre. Mais le Dina ou bien la mise en place des comités de défense villageoise pourrait générer des conflits tribaux comme ce qui s’est passé à Menavozo», explique-t-il. Ceci dit, pour le parti MMM, que la mise en place de la bonne gouvernance passe par l’instauration de l’Etat de droit et la sensibilisation aux droits fondamentaux tels que le droit à la vie, le droit au travail ainsi que le droit de vivre en harmonie. Ce politicien insiste, par ailleurs, sur la restauration de l’Etat-nation qui a disparu depuis plusieurs années. Pour notre interlocuteur, le désordre social actuel prouve, en effet, que le pays est au bord d’une guerre civile. «La conjoncture actuelle en dit long, pour ne parler que des échecs essuyés par les structures administratives mises en place ou les politiques adoptées. Rien d’étonnant puisque personne ne veut se soumettre à la loi. Les dirigeants n’ont aucun scrupule à violer la Constitution dès le moment même où ils accèdent au pouvoir», a-t-il fustigé.

Toujours inerte malgré tout

En tout cas, la situation est plus que préoccupante sans que l’Etat prenne des mesures drastiques. L’immolation d’une femme de 67 ans à Mananjary pour profanation de lieux sacrés avait défrayé la chronique l’année dernière. Il y a également l’expédition punitive d’Antsakabary et le lynchage d’un Ampanjaka à Evato Farafangana, quelques semaines de cela. Face à cette situation, l’Etat reste inerte. « Des enquêtes sont déjà ouvertes » c’est le même refrain entendu de la part des autorités. Mais presque toutes les affaires de vindicte populaire sont jetées aux oubliettes. Pour le système judicaire, dont la gendarmerie nationale, les résultats des prétendus campagnes de lutte contre la corruption lancées ne sont toujours pas ressentis. L’on se demande  à quoi a mené le projet de vulgarisation des textes, annoncé par le Syndicat des Magistrats de Madagascar?

J.Harisoa

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