Flash
Préc Suiv
Logo Free News

AFFAIRE RIANA ANDRIAMANDAVY VII : Un ministre a retiré le dossier du sénateur à la gendarmerie

AFFAIRE RIANA ANDRIAMANDAVY VII : Un ministre a retiré le dossier du sénateur à la gendarmerie

Un mandat d’arrêt contre Riana Andriamandavy VII est vivement attendu. Mais les investigations que nous avons menées ont permis de savoir qu’un membre du gouvernement a retiré le dossier de ce sénateur auprès de la gendarmerie, alors que celle-ci devait mener l’enquête et procéder au déferrement du parlementaire. Face à la gravité de ce cas, et à la flagrance de la situation, on ne peut que dire que la culture de l’impunité s’enracine davantage par la faute du régime actuel qui cherche à protéger les « hors-la-loi ».

L’affaire Riana Andriamandavy VII risque d’être classée sans suite. Objet d’une plainte déposée par la présidente du syndicat des magistrats et cible d’une dénonciation faite par le parquet général, le sénateur devait répondre de ses actes. Le Procureur général de la Cour d’appel, Jacques Randrianasolo, affirme avoir émis, le 2 mai dernier, un « soit-transmis » pour enquête et déferrement à l’endroit de ce parlementaire. La gendarmerie devait l’appliquer, mais elle a mis du temps pour réagir et l’ancien chef de la région Haute Matsiatra a pu quitter facilement le pays, le 7 mai dernier. La semaine dernière, Riana Andriamandavy VII a été aperçu, et photographié même, à la sortie de la chambre d’hôpital de Claudine Razaimamonjy, sa belle sœur, et non moins une femme d’affaires impliquée dans des affaires de détournement de fonds publics, et dont le dossier a fait couler beaucoup d’encre ces deux derniers mois. Le parlementaire en question ne semble pourtant pas être inquiété. La gendarmerie en charge de son dossier ne montre pas d’ailleurs le moindre empressement pour réagir. Pourtant, selon les informations véhiculées par un quotidien de la place, les plaignants dans cette affaire ont déjà été entendus la semaine dernière. L’anomalie dans cette situation a interpellé plus d’un. Free News a mené ses propres investigations et celles-ci ont révélé que le dossier concernant Riana Andriamandavy VII auprès de la gendarmerie, responsable de l’enquête et du déferrement ordonnés par le « soit-transmis » du Procureur général de la Cour d’appel, a été retiré par un ministre. Pour l’instant, il n’y a aucune information concernant l’identité de ce membre du gouvernement. Une chose est pourtant sûre, cette personne ne peut être qu’une personnalité très respectée et écoutée au sein des forces de l’ordre. Un haut gradé ou, du moins, un des ministres les plus proches du Président de la République, sous les ordres de qui les gendarmes se plient nonobstant leur mission et leur rôle vis-à-vis de la loi et de la justice.

Scandale

L’article 73 de la Constitution stipule bien que ce sénateur est passible d’une poursuite, au vu des faits dont on l’accuse, à l’instar des actes de rébellion, de vandalisme et une manifestation sans autorisation devant le bureau du Bianco à Ambohibao. S’ajoutent à cette liste les plaintes déposées pour menace de mort, diffamation et voie de fait ainsi que dénigrement par voie électronique. Ce sont en fait des actes flagrants, commis en public, au vu et au su de tous, et qui ne nécessitent donc pas la levée de l’immunité parlementaire de ce sénateur. Raison pour laquelle le Président du sénat est resté évasif sur le cas de son poulain. Le manque de responsabilité de la gendarmerie est alors à décrier. Des juristes crient justement au scandale. Certains d’entre eux remarquent que l’affaire aurait pu être jugée si les forces de l’ordre avaient pris leur responsabilité depuis la sortie du « soit-transmis » par le procureur général de la Cour d’appel. Riana Andriamandavy VII avait beau prendre la fuite, les procédures judiciaires concernant son dossier auraient pu se poursuivre et, actuellement, un mandat d’arrêt aurait pu être lancé par le juge d’instruction. Mais visiblement, il y a une tentative flagrante de perdurer l’impunité dans le pays, notamment avec le régime de Rajaonarimampianina. Outre le cas de Claudine Razaimamonjy qui bénéficie de la protection du régime et de celle des hautes personnalités de l’Etat, malgré la flagrance de ses actes et la décision de la Chaîne pénale anti-corruption de la jeter en prison, il y a maintenant l’affaire Riana Andriamandavy VII dont le dossier se serait volatilisé. Et une fois de plus, c’est encore un membre du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement dans son ensemble, qui est complice des agissements illégaux de l’un de ses proches. Autrement dit, c’est le régime tout entier qui est pourri.

La Rédaction

Les commentaires sont fermées.