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LUTTE CONTRE LA PAUVRETE : Un régime habitué au court terme

LUTTE CONTRE LA PAUVRETE : Un régime habitué au court terme

Hier, le couple présidentiel s’est, une fois de plus, donné en spectacle à travers une cérémonie de remise de vivres à 8000 familles défavorisées de la capitale. Une façon pour le Président de la République d’embellir son image auprès du petit peuple. A cette occasion, plusieurs ménages issus des 192 fokontany de la ville d’Antananarivo se sont vu offrir 5 kg de riz, un litre d’huile alimentaire et 2 kg de haricots chacun. Certes, ces actions restent louables mais le régime n’est pas une ONG, l’Etat table sur le court terme car ne dispose d’aucune politique durable pour lutter contre la pauvreté et l’inflation.

Hier au palais des Sports à Mahamasina, le Chef de l’Etat et son épouse ont joué les bons samaritains pour remettre des dons aux 8000 foyers les plus démunis de la capitale. A travers cette action subodorant la gloriole, le régime pense avoir beaucoup fait pour les familles des 192 fokontany de la ville d’Antananarivo. En tant que premier responsable du pays, le Président de la République avait-il besoin de faire autant de tapage pour des actions élémentaires en faveur du peuple malagasy? Plus de 75% des Malagasy vivent actuellement dans la misère totale, une précarité aggravée par l’inflation et la spéculation sur les prix des PPN. «Le Président de la République condamne la hausse non réglementée et abusive des prix», fait-on savoir au niveau de la Présidence. Il ne suffit pas de condamner. Hery Rajaonarimampianina se doit de mettre en place une politique durable et prendre des mesures concrètes pour contrôler les prix des PPN et autres aliments de base. Il en est de même de la flambée des prix du carburant. Et si «mesures adéquates» il y a, quelles sont-elles? En plus de son inertie, l’Etat continue à bercer le peuple par des affirmations vagues dénuées de toute transparence. Durant son intervention, le Président a reconnu le côté provisoire de ses actions : « Certes, ces vivres ne suffiront pas pour longtemps à chaque foyer… il a tenu à faire ce geste pour répondre aux besoins à court terme des familles devant les difficultés auxquelles elles font face», rapporte le communiqué émanant de la Présidence. La situation est plus qu’alarmante, c’est après quatre années de mandat que le Président de la République «écoute, vois et ressens les peines et les souffrances» de ces concitoyens face à la hausse du coût de la vie. Cette action sporadique suffit-elle pour résoudre la pauvreté généralisée à Madagascar?

Des solutions «Paracétamol»

Disons les choses telles qu’elles sont! La remise de dons effectuée à Mahamasina s’apparente à une action sociale des ONG, ou bien des ministères lors des fêtes de fin d’année. Ce qui intrigue le plus c’est toute cette mise en scène orchestrée autour du couple présidentiel pour montrer que l’Etat agit et pense aux plus défavorisés. Durant la Conférence des bailleurs et des investisseurs à Paris, l’année dernière, Hery Rajaonarimampianina a proposé les fameux «projets structurants et structurés» pour dépenser les 10 milliards de dollars octroyés. Est-ce que le fait de distribuer des vivres pour tenir un mois fait-il partie des projets structurants? Arrivé presque à la fin de son mandat, Hery Rajaonarimampianina peine à mettre en œuvre une politique de lutte contre la pauvreté dans le long terme. Par le biais du ministère de la Population, l’Etat est habitué aux actions ponctuelles. Des solutions «Paracétamol» comme se plaisent à le dire la jeunesse actuelle. « Les actions sociales importent autant que les actions économiques. En faveur de l’éducation, de la santé, de la sécurité et de la population, nous faisons de notre mieux pour améliorer le quotidien et combattre la pauvreté. Mais c’est en travaillant ensemble et par la volonté commune que nous réussirons. De telles actions sociales seront multipliées. Les autres régions pourront en bénéficier avec l’aide du ministère de la Population », a fait savoir le Président de la République. A entendre le Chef de l’Etat, les actions sociales spontanées priment devant celles à long terme. Aussi, les autres régions se verront octroyer ces vivres mais pendant combien de temps? Qu’en est-il de la sécurité de la population? Autant de questions sans réponses adressées à un Chef de l’Etat qui joue le Père Noël avant l’heure…

La Rédaction

 Rajaonarimampianina a encore violé la Constitution 
Les dirigeants actuels se croient être au-dessus de la loi. La présence du Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, à la remise de dons aux plus démunis de la capitale et ses périphéries, censée être organisée par l’association des jeunes du parti  Hery Vaovaon’i Madagasikara (HVM) est une autre violation flagrante de la Constitution, et ce, au vu et au su de tous. La Constitution mentionne, en effet, noir sur blanc dans son article 49 que les fonctions de Président de la République sont incompatibles avec toute fonction publique élective, toute autre activité professionnelle, toute activité au sein d'un parti politique, d’un groupement politique, ou d’une association, et de l’exercice de responsabilité au sein d’une institution religieuse. Cela ne fait aucun doute : le parti HVM a profité de cette occasion pour faire un clin d’œil à la population malgache en usant des prérogatives publiques. Le même article de la loi fondamentale est également clair sur la question : «Toute violation des dispositions du présent article, constatée par la Haute Cour Constitutionnelle, constitue un motif d’empêchement définitif du Président de la République». La source de financements du parti HVM pour ses diverses actions sociales constitue également une autre question à élucider.En tout cas, le régime actuel est sur les traces de l’ancien président Marc Ravalomanana, connu pour avoir mêlé les affaires publiques avec celles du parti Tiako I Madagasikara et  celles de son entreprise (Tiko) à l’époque où il était à la tête du pays. L’on se rappelle les Tiko boys ou ces proches collaborateurs de l’ancien Président de la République nommés aux hautes fonctions de l’Etat. Le Fonds Monétaire Internationale (FMI) avait suspendu ses financements à destination de Madagascar en décembre 2008 à cause de la mauvaise gouvernance, notamment le scandale sur l’acquisition de l’Air Force One II. Mais cette mauvaise pratique continue au sein de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) où les affaires de la municipalité, de la société Tiko ainsi que du parti TIM sont mises dans le même panier.J.Harisoa

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