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EDITORIAL : A force de faire l’âne, on le devient !

Selon le communiqué de presse censé apporter des précisions sur le cours du Conseil du Gouvernement, « les textes en vigueur restent clairs et ne pouvant souffrir de la moindre discussion : toute visite à une personne – mise judiciairement en détention préventive et, de surcroît, mise sous soins médicaux dans un établissement hospitalier – doit être autorisée et par le ministère de la Justice et par le ministère de la Santé publique ». Néanmoins, cette déclaration émanant de l’ancien journaliste désormais défenseur patenté du régime Rajaonarimampianina semble avoir omis le fait qu’on entre comme dans un moulin dans la chambre de la détenue Claudine Razaimamonjy. Il suffit pour cela de consulter le cahier tenu par les agents pénitentiaires en charge de sa garde – ce que nous avons fait – où il y est fait état d’une vingtaine de visites quotidiennes. Et comme il s’agissait pour la plupart de hautes personnalités comme des députés et des ministres, ces dernières ne présentaient aucune autorisation émanant d’une quelconque autorité. En effet, ces obligés de Claudine Razaimamonjy faisaient juste valoir leur titre auprès des gardes-chiourmes qui ne pouvaient que les laisser entrer, selon les précisions de ces pénitentiaires.

Par ailleurs, un minimum d’investigation aurait permis à ce ministre communicateur de cette « République de copains et de coquins » de savoir que « les individus à l’allure plutôt douteuse » dont il parle dans son communiqué sont des journalistes, plus particulièrement deux photographes et 3 journalistes-reporters, dont le directeur de la rédaction d’un quotidien de la place ainsi que le rédacteur en chef d’un autre journal. Si ces derniers étaient comme il le qualifie « d’allure plutôt douteuse », qu’il sache qu’on peut en dire autant, voire plus, à son endroit, notamment sur son manque d’honnêteté intellectuelle et d’éthique. Pour sa gouverne, des « individus à l’allure plutôt douteuse » étaient bel et bien présents à l’HJRA cette nuit-là, mais ils ont été dans un taxi et il s’agissait de 4 gros bras appelés par téléphone par dame Claudine ou quelqu’un de son entourage. Une Renault 9 qui a été garée expressément devant l’escalier menant à la chambre 126, sans doute pour intimider les magistrats et les journalistes.

Mais depuis le temps qu’il a mis sa plume au service de cet Etat dévoyé, cet ancien journaliste a oublié les fondamentaux de son ancien métier, à savoir la nécessité des recoupements pour éviter de dire des inexactitudes, voire des âneries.

Heureusement que cet homme ne fait plus partie de la corporation, sinon il aurait encore une fois jeté l’opprobre sur ce noble métier qu’est le nôtre et qu’il a d’ailleurs déjà maintes fois discrédité.

N. Randria

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