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BIANCO AMBOHIBAO : Plus de 300 millions d’ariary détournés, une personne jetée en prison

BIANCO AMBOHIBAO : Plus  de 300 millions d’ariary détournés, une personne jetée en prison

Une personne est placée sous mandat de dépôt, communique le Bianco. Cela suite à une affaire de détournement de plus de 300 millions d’ariary. Le bureau serait également sur d’autres affaires impliquant aussi bien des hauts responsables étatiques que des opérateurs économiques. Visiblement, la lutte contre la corruption va bon train dans le pays malgré les différents écueils.

Après l’affaire Claudine Razaimamonjy qui a défrayé la chronique, voilà que le bureau indépendant anti-corruption (Bianco) traite un nouveau dossier beaucoup plus intéressant. Dans un communiqué diffusé hier, le bureau indique qu’il « a été saisi de doléance dénonçant des actes de malversations perpétrés par l’ancien premier responsable du projet Alimentation en Eau Potable et Assainissement (AEPA), projet financé par la Banque africaine de développement (BAD), via le Fonds africain de développement (FAD). L’affaire concerne un détournement d’une somme de plus de 300 millions d’ariary. Après plusieurs années d’investigations, le Bianco a remis le suspect aux mains de la justice hier. Cet homme a été placé sous mandat de dépôt, selon les informations reçues. Ces derniers temps, cet organe de lutte contre la corruption a intensifié le traitement des dossiers importants dont il est en charge. Cette année a surtout été marquée par le scandale impliquant Claudine Razaimamonjy, cette femme d’affaires proche du Président Rajaonarimampianina. Après la très critique affaire de bois de rose de Bekasy, l’année dernière, le bureau a essayé de soigner son image. Outre l’affaire Claudine, le bureau s’est illustré par le traitement du dossier exploitation illicite des ressources naturelles d’Antsohimbondrona-Ambilobe et de l’affaire exploitation d’or dans la commune de Betsiaka ayant fait perdre à l’Etat plus de 2 milliards 100 millions d’ariary. Mais cette année, il y a également eu le démantèlement d’un réseau réputé pour la corruption dans le cadre de la délivrance des permis de conduire et des cartes grises biométriques impliquant des responsables au sein du Centre d’immatriculation d’Ambohidahy. 2017 a également été marqué par la saisie de 4 500 tonnes de bois précieux d’un montant équivalent à près de 360 milliards d’ariary, malheureusement occultée par l’affaire Claudine Razaimamonjy.

La Rédaction

 Les obstacles existent et sont nombreux dans le cadre de la lutte contre la corruption à Madagascar. Les  opinions divergent également. Dans un communiqué, le Bianco lance qu’ « Il est évident que pour prétendre atteindre un développement dans la pérennité, cette lutte est irréversible et indispensable dans la situation économique et sociale actuelle du pays ». Mais l’adoption de la nouvelle SNLCC serait un signal fort dans la mise en place d’un Etat de droit et de la bonne gouvernance dans le pays : une nouvelle loi sur la lutte contre la corruption entre en vigueur en août 2016, une loi sur les Pôles anti-corruption devrait être appliquée à partir du mois de juillet. Les recrutements des responsables composant ces juridictions spécialisées sont actuellement en cours. L’ultime objectif en est de mettre fin définitivement à l’impunité des corrompus dans le pays. La lutte contre la corruption exige l’engagement et la participation de tous pour ne pas rester un vain mot vide de contenu. Chaque acteur de la société a son rôle à jouer, les décideurs et responsables, les leaders religieux, les citoyens, la société civile, les médias, les jeunes, les partenaires techniques et financiers, etc …

 Plus de 10 000 investigations et 3 000 arrestations  ont été effectuées par le Bianco depuis son opérationnalisation. Depuis près de deux ans, il ne se passe pas une semaine sans que le bureau, par le truchement de ses branches territoriales, ne transmette au moins un dossier  auprès des juridictions.

 Des investigations sont en cours, révèlent le Bianco, dans des affaires de subventions abusives à destination des communes. Une histoire impliquant aussi bien des hauts responsables étatiques que des opérateurs économiques. Malgré le manque de précision du bureau dans son communiqué, ces affaires pourraient bien inclure celle de Claudine Razaimamonjy. En réponse aux articles publiés dans nos colonnes, il y a quelques jours, il se pourrait bien alors que le Chef du gouvernement, Olivier Solonandrasana Mahafaly soit enfin concerné.  

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