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NON-EFFECTIVITE DE LA DEMOCRATIE : «Le parlement ne joue pas pleinement son rôle »

NON-EFFECTIVITE DE LA DEMOCRATIE :  «Le parlement ne joue pas pleinement son rôle »

Ces deux institutions resteront budgétivores tant qu’elles n’exercent pas pleinement leurs rôles.

La cérémonie de lancement du programme de coopération parlementaire entre la Friedrich Ebert Stiftung (FES) et le Sénat est prévue aujourd’hui à Anosy. Cette collaboration est soutenue par le ministère allemand des Affaires étrangères pour une durée de 2 ans.

 « Le parlementarisme à Madagascar n’exploite pas encore pleinement son potentiel dans l’exécution de ses diverses fonctions, à savoir sa fonction législative, le contrôle de l’exécutif, l’articulation des volontés politiques et l’information», a récemment indiqué à la presse la FES à travers un communiqué. En effet, l’objectif de ce programme est de permettre à cette institution de jouer pleinement son rôle pour pouvoir mettre en place une démocratie stable à Madagascar. Le parlement est au centre de l’exercice de la démocratie, donc les députés sont censés défendre les intérêts et la volonté du peuple qui les ont élus.

«Parmi les défis à relever se trouvent les propositions de loi, un meilleur équilibre dans l’interaction entre l’exécutif et le législatif et l’implication des citoyens dans les grands débats autour des textes», a-t-on précisé. Par ailleurs, la FES constate que les travaux au sein du parlement sont méconnus du grand public. Ce programme de coopération parlementaire tend, entre autres, à renforcer le rôle du Sénat en tant qu’organe de contrôle du gouvernement – en participant pleinement au processus législatif-, à consolider le parlement en tant qu’institution démocratique – en réduisant l’écart entre la population et le parlement – et à influer sur la gestion gouvernementale de la politique économique et sociale du pays, explique-t-on.

La réalité est tout autre

En tout cas, Madagascar a opté pour le parlementarisme bicaméral et un régime semi-parlementaire. Selon la Constitution de la quatrième République, il revient à l’Assemblée nationale (la Chambre basse) et au Sénat (la Chambre haute) de voter les lois, de contrôler l’action du gouvernement et, enfin, d’évaluer les politiques publiques. Quant au Sénat en particulier, la loi fondamentale ajoute qu’il est consulté par le gouvernement pour donner son avis sur les questions économiques, sociales et d’organisation des collectivités territoriales décentralisées. Mais la réalité est tout autre. Depuis les régimes qui se sont succédé, les deux Chambres du parlement sont à la merci du pouvoir en place. Le régime actuel n’échappe pas à cette règle avec la mise en place du Sénat pour contrebalancer l’Assemblée nationale à géométrie variable. Il s’agit donc d’un gage de stabilité pour le régime. A Tsimbazaza où la politique de la mallette est devenue monnaie courante, nombreux députés sont réputés être des vendus. Un drôle de redevabilité envers le peuple…

J.Harisoa

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