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MESURES SUR LES VINDICTES POPULAIRES : Louables mais trop tard !

MESURES SUR LES VINDICTES  POPULAIRES : Louables  mais trop tard !

Le gouvernement aurait dû prendre des mesures face à ce fléau depuis longtemps.

Le premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly a, récemment, annoncé des mesures concrètes en vue de lutter contre l’insécurité et les justices populaires. Cela, en marge d’une réunion stratégique qu’il a conduite à Mahazoarivo il y a quelques jours, en présence des hauts responsables de la sécurité à Madagascar.

Pour de nombreux observateurs, la règle du « mieux vaut tard que jamais » n’est plus permise. En effet, depuis 2016, une quarantaine de cas de justice populaire ont été signalés sans que les autorités aient pris une seule mesure efficace. Selon Willy Razafinjatovo, le gouvernement aurait dû prendre des dispositions face à ce fléau depuis longtemps. «Le fait de déclarer que, désormais, l’Etat va prendre ses responsabilités est louable, mais c’est trop tard » a-t-il déclaré. A entendre les explications de ce juriste, le régime essaie d’infantiliser la population malgache. «Tout compte fait, qu’est-ce que les dirigeants ont fait depuis leur arrivée au pouvoir?» s’est-il insurgé. L’Etat devrait prioriser le bien-être de la population. « Le chef du gouvernement a annoncé des mesures à prendre face aux pillages des ressources naturelles, aux détournements des deniers publics et aux divers trafics. Concernant les vindictes populaires, à mon avis, l’important n’est pas d’infliger des sanctions, il faut attaquer le mal à la racine », a-t-on précisé.                                                

Pas de volonté politique

La volonté politique de mener un véritable changement fait défaut. La vindicte populaire est en passe de devenir une culture, mais l’Etat n’a rien fait de concret face à cette situation. Sans aucun doute, les vindictes populaires sont la manifestation de la méfiance générale de la population envers le système judiciaire. Pourtant, aucun grand assainissement n’a été annoncé au sein de l’appareil judicaire jusqu’ici. Cela, bien que ministre de la Justice, Charles Andriamiseza, ait évoqué des descentes dans certaines localités concernées par ce fléau, grâce à un financement octroyé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud). Du côté des forces de l’ordre, les campagnes de lutte contre la corruption ne sont qu’un vain mot. Preuve en est l’inertie des autorités malgré les révélations de la coopérative Madaomby concernant le racket des gendarmes sur les routes nationales.

J.Harisoa

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