Flash
Préc Suiv
Logo Free News

INSECURITE A RANOTSARA SUD : 12 morts et 487 maisons incendiées en six mois

INSECURITE A RANOTSARA SUD : 12 morts et 487 maisons incendiées en six mois

La commune de Ranotsara Sud, district de Befotaka, est de moins en moins en sécurité. Une vingtaine de bandits de grand chemin ont mis le feu sur 487 toits de la ville depuis le mois de décembre 2016. Le bilan est très lourd : 12 personnes y ont laissé la vie. A cela s’ajoute les abus de pouvoir des éléments des forces de l’ordre communément appelés « Vazaha » dans le village.

Une commune lointaine, désenclavée, éloignée de l’Administration et peut-être même de Dieu, c’est ainsi qu’on peut qualifier cette localité du district de Befotaka, région Atsimo Atsinanana. Une douzaine de personnes y ont déjà trouvé la mort, précisément 487 toits y ont été incendiés et des centaines de zébus y ont disparu. Tout cela, en l’espace de six mois, de décembre 2016 à nos jours. Les actes de banditisme et de vandalisme sont récurrents à Ranotsara Sud. Un groupe de journalistes s’est rendu sur place pour y mener une enquête.

Trois attaques

De fokontany en fokontany, les témoignages sont nombreux. C’est le cas notamment à Ambalantany. Au mois de décembre 2016, le village a été attaqué par les « dahalo » qui ont par la suite mis le feu sur les habitations. Une douzaine de maisons ont été incendiées. Une personne est décédée. Outre les exactions, les assaillants ont emporté avec eux tous les biens des villageois. La population a été dépouillée en un clin d’œil. Pour cette famille qui a témoigné, une douzaine de zébus ont été emportés par les bandits cette nuit de l’attaque. Ces derniers ont également mis la main sur l’économie du ménage : une somme de 1 500 000 ariary. La troisième attaque enregistrée dans la commune de Ranotsara Sud remonte au 27 février dernier. Bilan des faits : 8 personnes parmi la population ont trouvé la mort et une autre a été prise en otage. La séquestration dudit otage a duré 24 jours. Désespérés, les villageois ont dû négocier avec les bandits pour pouvoir récupérer leur voisin. Ils ont dû verser des sommes d’argent aux « dahalo ». Des témoins confirment que les repaires des bandits sont déjà identifiés, mais les forces de l’ordre brillent par leur inertie.

Remenabila, ce dahalo notoire ayant défrayé la chronique durant la Transition, était le maître des lieux en 2008. Son régiment se trouvait surtout à Esira et Iabohazo, des villages situés pas loin de Ranotsara Sud. Malgré les opérations de sécurisation menées sur les lieux, l’insécurité règne dans ces endroits depuis plusieurs années. Mais il n’y a pas que les « dahalo » qui sèment la terreur dans cette commune. Les forces de l’ordre, notamment les gendarmes appelés « vazaha » y font également leur loi. Outre leur inertie face aux menaces des dahalo, ils imposeraient également une sorte de pacte ou « dina » avec les villageois. Un accord qui favorise surtout leurs abus et suscite davantage la plainte de la population.

Les « vazaha » sèment la terreur

Les actes de non-respect des droits de l’homme sont alors manifestes pour des raisons incomprises. Les agressions, voire bavures, se multiplient. Les gendarmes n’hésiteraient pas à frapper les villageois à coup de crosse. Certains d’entre eux se seraient même livrés à des actes de torture en brulant leurs victimes au pétrole. Un jeune homme en a fait les frais, selon les témoins. Il est encore alité depuis plusieurs semaines. Les gendarmes obligeraient également les villageois à se réconcilier avec les « dahalo », rapportent d’autres témoins. Si les habitants refusent, ils les agressent et les chassent. Ainsi, des villageois commencent à quitter leurs foyers et la plupart d’entre eux passent la nuit sur les collines environnantes.

Un père de famille du fokontany Bekininia rapporte que son fils et lui ont dû payer 350 000 ariary d’amende aux Vazaha sans qu’ils ne comprennent vraiment la nature de cette sanction. Ce cas n’est pourtant pas isolé. Interrogés sur cette situation, les gendarmes ont nié en bloc les accusations portées contre eux. Pour eux, ce ne sont que des rumeurs colportées par des personnes qui ne sont pas contentes de leur présence dans cette commune. Elles auraient intérêt à ce que les forces de l’ordre quittent les lieux. Il s’agirait notamment des leaders des dahalo.

Les villageois galèrent actuellement. Les uns se plaignent de la mort de leurs progénitures, les autres s’indignent de la disparition de leurs biens. Les appels à la prise de responsabilité de l’Etat se multiplient, concernant non seulement les « dahalo », mais aussi les « vazaha ». La population a peur des « dahalo », mais elle craint aussi les gendarmes à cause de leurs abus. Le pacte ou « dina » mis en place pour rétablir la sécurité dans la commune ne sert visiblement plus à rien. Tout Ranotsara Sud ne sait plus alors à quel saint se vouer.

La Rédaction

Les commentaires sont fermées.