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INITIATEURS DE LA CHARTE DE L’OPPOSITION : «Pour la mise en place d’une opposition crédible et constructive»

INITIATEURS DE LA CHARTE DE L’OPPOSITION : «Pour la mise en place d’une opposition crédible et constructive»

L. Ravololomanana a souligné l’importance de la réconciliation nationale pour refonder le pays.

A un an avant la fin du mandat du régime, la mise en place de l’opposition tarde à venir. Les initiateurs de la charte de l’opposition sont sortis de leur silence hier à l’occasion d’une conférence de presse organisée au restaurant Koots Food à Mahamasina.

La charte de l’opposition entend apporter un renouveau dans l’opposition à Madagascar, en prônant notamment le changement de pratique politique, la refondation du pays, la bonne gouvernance ainsi que la démocratie. «C’est faux de dire qu’il y a une opposition à Madagascar. Beaucoup de partis se déclarent des contre-pouvoirs sans en remplir les critères. En fait, l’opposition devrait avoir une vision commune pour le développement du pays», a déclaré hier Lalatiana Ravololomanana du Manda ho an’i Firaisam-pirenena et non moins conseillère issue de l’opposition à la Commune urbaine d’Antananarivo. «Le camp de l’opposition est miné par une guerre de leadership et par le diviser pour régner» a-t-elle affirmé sans ambages. En effet, il s’agit plutôt de mettre en place une opposition crédible, responsable et constructive. Concernant la mise en place de l’opposition officielle, elle a mis les points sur les «i» : «En 2014, une charte est sortie des trois jours de conclave des opposants. Selon la Constitution, il revient aux partis opposants de designer leur leader ou, au besoin, de l’élire». D’après notre interlocutrice, les politiciens issus de l’opposition ne sont plus crédibles aux yeux de la population. «C’est pourquoi les Malgaches ne s’intéressent plus aux manifestations publiques. Les dirigeants changent mais le système et les habitudes restent les mêmes» a-t-on ajouté. Par ailleurs, cette dernière insiste sur le changement de pratique politique à Madagascar. Ceci en privilégiant l’éducation citoyenne civique et politique, tout en formant une relève. La conseillère a été claire: les opposants ne devraient pas être des avides de sièges ou des fomenteurs de coup d’Etat, mais sont censés avoir une vision pour le développement du pays. Sur ce point, l’initiative du parti Tiako i Madagasikara (TIM) a été pointée du doigt. Marc Ravalomanana n’ayant déclaré le basculement du TIM vers l’opposition qu’après le dernier remaniement qui a vu le l’abrogation du ministre de l’eau, Roland Ravatomanga.

Le système est le vrai problème

Il est question de prôner la culture de l’opposition, a-t-on également précisé. «L’effectivité de la démocratie, notamment à l’occasion de la commémoration du mouvement du 13 mai 1972, suscite encore des débats. Les manifestations publiques ne devraient pas être assimilées à un coup d’Etat. La liberté d’expression devrait être garantie à tous, aussi bien aux partis issus de l’opposition qu’aux partisans du régime en place», explique-t-elle. A ce sujet, la conseillère insiste sur la réouverture de la place de la démocratie à Ambohijatovo. Les initiateurs de la charte de l’opposition ont particulièrement souligné l’importance de l’organisation d’une campagne de réconciliation nationale pour refonder le pays. «Depuis 2013, nous n’avons eu de cesse de rappeler qu’il faut d’abord refonder le pays et donc, adopter une nouvelle Constitution avant d’organiser la présidentielle et les législatives. Cette revendication a abouti à la naissance du Front des opposants pour la libération de Madagascar, en vain», a fustigé notre interlocutrice. Cette dernière d’ajouter que l’affaire Claudine devient un harcèlement. «Si on veut vraiment lutter contre la corruption, il faut s’attaquer au système même. Quelle suite a été donnée à la plainte de Zafy Albert durant la Transition, à l’occasion de laquelle il a fourni une liste des trafiquants de bois de rose?» a-t-elle tonné pour conclure.

J.Harisoa

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