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ECOLE DE LA GENDARMERIE A AMBOSITRA : Quatre élèves décédés en l’espace d’un mois

ECOLE DE LA GENDARMERIE A AMBOSITRA : Quatre élèves décédés en l’espace d’un mois

Depuis le début de cette année, quatre nouvelles recrues ont trouvé la mort à l’école de la gendarmerie nationale à Ambositra (EGNA). Un triste bilan qui résume l’ampleur de la situation. Sur les quatre décédés, deux étaient sur le point de passer la 2èmephase de l’examen. Les deux autres étaient déjà des gendarmes stagiaires. Devant ce constat, les responsables au sein de la gendarmerie restent dans le silence complet. Et ce, malgré la nomination du Général de Division Rakotomahanina Florens à la tête des écoles lors du conseil des ministres du 10 mai dernier. Cet officier supérieur devrait pourtant apporter des précisions sur les circonstances de la mort de ces jeunes bérets noirs.

C’est un fait! L’école de la Gendarmerie Nationale basée à Ambositra est tristement connue pour les conditions particulièrement difficiles endurées par les nouvelles recrues. Au même titre que les pensionnaires de l’Académie Militaire à Antsirabe, les élèves gendarmes subissent au quotidien de mauvais traitements mettant leur corps à rudes épreuves. Des abus qui se soldent parfois par le décès des futurs promus. En avril dernier à Ambositra, deux candidats admis à la deuxième phase d’examen ont perdu la vie rien qu’en une seule journée. Les faits ont été rapportés par la presse avant même les réactions au niveau du Commandement de la gendarmerie. A cela s’ajoute la mort de deux autres élèves gendarmes. L’on s’interroge ainsi sur le mutisme des hauts responsables au sujet des circonstances exactes de ce drame. A travers un simple communiqué de presse, la gendarmerie tente de se justifier en évoquant un arrêt cardiaque de deux candidats qui n’ont pas supporté une course à pied de 1000 m. Deux jours après ces décès, le service de la communication de la gendarmerie affirme que ces deux individus sont morts une fois arrivés à l’hôpital.

Manque de transparence de la part des responsables

Fin avril marque la rentrée de la 73ème promotion d’élèves gendarmes à Ambositra. A peine une semaine après, un des élèves a du être admis d’urgence à l’hôpital se plaignant de fortes douleurs à l’estomac. Il a visiblement eu des séquelles de la phase de mise à l’épreuve et d’initiation. D’après nos sources, cet élève a succombé sur la table d’opération. Pour l’autre candidat, il est tombé d’un lit superposé il y a quinze jours de cela. «En tombant du haut de son lit, sa tempe a été sérieusement touchée. Malgré les soins apportés, il est décédé à l’hôpital» rapporte une de nos sources. Le plus consternant dans ces incidents c’est le manque de transparence de la part des responsables. Le 14 avril dernier, des élèves sont morts alors qu’ils rentraient à peine de l’école. Il faut que la presse s’y intéresse pour espérer avoir des explications de la part de la gendarmerie nationale. En effet, au lendemain des faits, les journalistes étaient aussitôt présents sur les lieux. «Dans ce genre d’incident, la gendarmerie se doit toujours d’informer et d’apporter des éclaircissements puisqu’il s’agit de mort d’hommes. Cette tragédie est un mauvais exemple et n’encourage plus nos jeunes à se lancer dans la carrière de gendarme», confie un général de la gendarmerie à la retraite. Et cet officier de rajouter que «les supérieurs directs en charge de l’école sont les premiers à être informés et ils doivent ainsi réagir et répondre aux médias et non l’inverse».

 Des zones d’ombre subsistent

De ce fait, la gendarmerie nationale se garde de toute réaction sur les circonstances de la mort de ces élèves. Un comportement indigne de ce corps puisque des zones d’ombre subsistent sur les causes exactes de ces décès, trois semaines après les faits. «En temps normal, un rapport est envoyé aux responsables de l’école. Autrement dit, ces derniers savaient l’existence du drame mais ont volontairement dissimulé l’affaire pour éviter toute polémique», signale une des sources interrogées. Avec l’école supérieure de la gendarmerie à Moramanga, celle d’élèves gendarmes à Ambositra fait partie des prestigieuses écoles de la gendarmerie. La mort des quatre personnes en l’espace d’un mois n’est pas accidentelle. Cette situation laisse croire que les traitements infligés aux recrues dépassent l’endurance du corps humain. Certains élèves sortants de cette école ont même gardé des traumatismes. «On dormait une heure à peine. En guise de punition, on nous faisait marcher à genoux sur un chemin très caillouteux d’une distance de 20 mètres», confie un jeune officier sous couvert d’anonymat. «Tolérance zéro et transparence» telles sont les devises de l’EGNA mais jusqu’ici, on attend toujours des éléments de réponse de la part des hauts responsables au sein de la gendarmerie. A commencer par le nouveau Commandant des Ecoles de la Gendarmerie Nationale en la personne du Général de Division Rakotomahanina Florens récemment nommé par le décret n°2016-531 du 13 mai 2016 en conseil des ministres. Son affectation servira-t-elle à ramener l’ordre dans les rangs et à faire sortir la vérité ou à sauver les apparences?

La Rédaction

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