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TRAFICS DE BOIS DE ROSE : On attend toujours des mesures concrètes !

TRAFICS DE BOIS DE ROSE : On attend toujours des mesures concrètes !

Les belles paroles ne rassurent plus.

La ministre de l’Environnement, de l’écologie et des forets, Ndahimanjara Johanita, s’est encore exprimée sur des cas de trafic de bois de rose, dont l’affaire Singapour et le dossier Bekasy. Ceci en marge de l’ouverture officielle du premier Festival international « Plantes, écologie et couleurs» à l’Institut Français de Madagascar (IFM) Analakely. Mais les choses concrètes tardent à venir !

 «Comme nous avons intérêt à agir dans un cadre légal, notamment conformément à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) et à la loi en vigueur à Madagascar, il faut toujours primer la concertation. Il s’agit de permettre au peuple malgache de jouir des recettes de la vente de ces bois de rose», a-t-elle déclaré questionnée par les journalistes sur la suite de l’affaire Singapour. Elle d’ajouter que l’audit sur la cargaison est en gestation et ce, sous la direction de l’avocat international recruté spécialement par l’Etat malgache pour suivre de près cette affaire. Par ailleurs, concernant le dossier Bekasy, la ministre a renvoyé la balle à la Justice. «Madagascar a dû négocier avec l’Etat singapourien pour donner un cadre favorable à l’audit. Cette affaire devrait être également éclaircie. D’où sortent ces bois de rose?» a-t-elle précisé. «Chaque entité a sa responsabilité. La justice ayant été saisie de cette affaire, c’est à elle d’en donner une suite» s’est-elle esquivée.

Tout dépend d’une volonté politique

En tout cas, pour beaucoup d’observateurs, des têtes auraient dû tomber depuis il y a longtemps. Pourtant, ni le Premier ministre de l’époque, Kolo Roger, ni l’ex-ministre de l’environnement, Anthelme Ramparany, ne sont inquiétés au sein du Sénat et à l’Assemblée nationale. Le ministre, en particulier, s’est rendu au Singapour lors de la découverte de cette cargaison, en 2014, pour certifier la légalité de cette exportation. Concernant les trafics de bois de rose, l’organisation de la société civile n’a eu de cesse d’interpeller l’Etat afin qu’il applique la loi et impose des sanctions exemplaires pour lutter efficacement contre le pillage des ressources naturelles à Madagascar. «Grâce à une collaboration entre l’AVG et le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), un trafiquant notoire a été arrêté mais a vite été libéré », a récemment déclaré l’AVG. Cette entité a également rappelé que sous l’ancien Premier ministre, Jean Omer Beriziky, une liste des gros poissons en termes de trafics de bois de rose est déjà sortie. Aussi, l’impunité et la corruption restent les principaux blocages à tout effort pour lutter contre ce fléau. En vérité, tout dépend d’une volonté politique. En septembre 2016, l’Etat malgache a affiché sa détermination à appliquer la loi à l’endroit d’un célèbre trafiquant afin que celui-ci soit jugé et jeté en prison avant la fin de l’année, et ce devant les membres de la Communauté internationale. En vain!

J.Harisoa

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