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Le passé au passé

Une commémoration plutôt morose. C’est du moins le constat qu’on pourrait tirer de la journée de samedi dernier, dédiée aux évènements du 13 mai 1972. Comme on pouvait s’y attendre, la place à Analakely n’a pas drainé grand monde mis à part les forces de l’ordre. Même les curieux n’étaient pas nombreux. En fait, d’année en année, cette date marquante et décisive de l’histoire de la Grande île tend à s’effacer. A cause du contexte politique actuel, ceux qui ont vécu cet événement n’y accordent plus d’importance et préfèrent carrément tourner la page. Le passé appartient au passé. D’ailleurs, à quoi bon de se remémorer l’évènement si 45 ans après, voilà où nous en sommes.

Des dirigeants non redevables, l’Etat de droit bafoué et la pauvreté galopante sans parler de l’insécurité qui règne dans le pays suffisent largement à faire oublier une histoire, mais également à allumer le feu. Politiquement parlant, les Malgaches au bout de rouleau deviennent amorphes. Il n’est pas donc étonnant que personne ne s’est intéressé à la commémoration du 13 mai 72. D’autant plus que les Malgaches sont réputés avoir la mémoire courte.

On se rappelle également de la fameuse Claudine Razamamonjy qui faisait la une de tous les journaux voilà quelques jours. Les citoyens se voulaient tous justiciers et voulaient sa tête à tout prix, particulièrement lors de son évacuation sanitaire. Mais à présent qu’elle est de retour au pays, la tension a baissé d’un cran bien que rien ne soit encore résolue.

Une autre affaire a d’ailleurs déjà étouffé celle-ci, notamment celle de l’élu de Fianarantsoa. Tous les regards se tournent à présent vers Riana Andriamandavy VII, et on oublie tout le reste. Et à l’allure où on avance, il est difficile de prévoir l’avenir au moment présent. Particulièrement lorsque certains se sacrifient pour un repas par jour tandis que d’autres profitent de la situation.

Tahina Navalona

 

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