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COMMEMORATION DU 13 MAI 1972 : « Le pays reste pauvre malgré la lutte pour la liberté »

COMMEMORATION DU 13 MAI 1972 : « Le pays reste pauvre malgré la lutte pour la liberté »

Y a-t-il une volonté d’effacer le mouvement estudiantin du 13 mai 1972 de nos souvenirs? Samedi dernier, le dispositif de sécurité aux abords de l’Hôtel de ville, où le dépôt de gerbes était prévu, a été renforcé comme pour empêcher des entités politiques ou de simples citoyens d’effectuer leur devoir de mémoire. Pourtant, malgré la crainte d’une forte mobilisation, cette journée s’est déroulée sans le moindre incident.

«Cela fait maintenant 45 ans que les étudiants de la faculté de médecine ont lutté pour la liberté sur cette place, mais le résultat n’est pas satisfaisant vu la situation actuelle. D’où la mise en œuvre d’une charte sur l’opposition en 2014 », a déclaré Lalatiana Ravololomanana du Manda ho an’i Firaisam-pirenena. Cette dernière de poursuivre que personne ne devrait être empêché d’accomplir son devoir de mémoire. D’après ses dires, la liberté est loin d’être acquise et le pays n’est pas encore sorti de la pauvreté pour diverses raisons. Notre interlocutrice insiste, en effet, sur le changement de pratique politique pour refonder le pays. «Les politiciens ont déçu les citoyens. Il n’est plus question de sacrifier des vies pour un pouvoir ou une lutte pour la liberté. Il est temps de former la relève pour rompre avec le culte de la personnalité et donc, pour avoir une vision claire du développement et de la refondation du pays» a-t-elle expliqué. En vérité, la manière de gérer le pays constitue le fond du problème. «Nous rendons hommage à ceux qui ont versé leur sang pour au nom de la liberté. Nul ne sait que Madagascar se trouve dans un cul de sac. Rien ne va concernant la gestion du pays. La Grande île a plus que jamais besoin d’une liberté », a, pour sa part, déclaré le pasteur Edouard Tsarahame du mouvement RMTF. Cette association a annoncé qu’elle ne va pas en rester là, mais insiste sur la refondation du pays. Notre interlocuteur d’interpeller les dirigeants sur les maux sociaux de la population comme le riz qui affiche un prix record ces derniers mois. «Comme on le constate, le régime actuel veut que les forces de l’ordre se substituent à cet aliment de base. La lutte continue», a martelé le politicien. Selon le porte-parole du parti Master, l’emprisonnement de son fondateur, Alain Ramaroson, n’est pas dû à une affaire familiale. «Il n’a eu de cesse de dénoncer les accaparements de terres par les étrangers. Libérez- le, il est un homme juste. Il faudrait arrêter plutôt les personnalités coupables de détournements de deniers publics qui sont à l’origine de la pauvreté actuelle», a-t-il dénoncé.

Totalement déçu

Pour Maitre Olala, un témoin de la lutte du 13 mai 1972, les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays sont les vrais problèmes. «La lutte a apporté des changements comme la révision des accords de coopération en réponse à la revendication des étudiants sur la fin de la discrimination sociale ou la Malgachisation. On a également lutté pour que les postes à hautes responsabilités soient tenus par des citoyens malgaches », a-t-il rappelé, tout en affichant sa déception. A entendre ses explications, la mauvaise gouvernance explique la pauvreté du pays.

J.Harisoa

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