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UN ETAT DANS L’ETAT A TSIVORY : Le chef de district et la police abusent de leur pouvoir

UN ETAT DANS L’ETAT A TSIVORY : Le chef de district et la police abusent de leur pouvoir

Pour l’énième fois, les forces de l’ordre sont impliquées dans des affaires d’abus de pouvoir. L’histoire se passe dans la commune rurale de Tsivory, région Anosy, district d’Amboasary Sud, où la famille d’un journaliste est la cible des autorités locales. A la suite d’un litige foncier, la partie vaincue, mécontente du verdict, cherche à persécuter les vainqueurs du procès. Une vengeance qui va jusqu’à des menaces de mort. Rabena Davida, un journaliste de 40 ans de carrière et natif de la région est devenu un témoin gênant, il rapporte toute l’affaire.

 Dans la petite commune de Tsivory à Amboasary Sud, les forces de l’ordre, avec la complicité des autorités locales, s’acharnent sur une famille issue de la région. L’affaire remonte à l’année dernière après un litige foncier opposant une dame dénommée Fety aux proches de Rabena Davida, un reporter membre du Club des journalistes doyens. Le 14 septembre 2016, le décret n°80 accorde victoire à la famille du journaliste. Une décision de justice qui a provoqué la rage de la partie adverse. Aussitôt, les proches de Rabena Davida ont été inculpés et incarcérés pour des motifs montés de toutes pièces. Une fois les victimes remises en liberté, Mme Fety porte plainte auprès de la gendarmerie de Taolagnaro pour menace de mort, le 02 novembre 2016. Cette dame influente obtient l’appui de l’Organisme Mixte de Conception (OMC). Les accusés, au nombre de six, sont interpellés le 28 avril 2017. Les éléments de l’Emmo procèdent à une arrestation musclée avec l’autorisation du chef de district, du commissaire de police et du responsable militaire de la région. Devant cette persécution, le journaliste se devait d’intervenir en exigeant des explications sur cette arrestation arbitraire. «Cette affaire ne vous concerne pas. Il ne s’agit pas d’un reportage et nous ne craignons pas les médias», rétorque le responsable de l’Etat-major mixte opérationnel.

Une rançon de 4 millions d’ariary

Devant l’insistance du journaliste, le représentant des forces de l’ordre lui a suggéré de l’accompagner au poste de police pour s’entretenir directement avec le chef de district. Rabena Davida a présenté sa carte de journaliste et une copie du jugement du 14 septembre 2016 donnant gain de cause aux membres de sa famille incarcérés. Mais soudain, des coups de feu retentissent dans la pièce d’à côté. Les limiers tirent en l’air pour intimider les victimes et les obliger à payer 4 millions d’ariary en échange de leur liberté. Les six inculpés, dont deux témoins dans le litige foncier, ont été molestés en attendant le règlement de cette «rançon». Prise de panique, la famille des détenus a tout juste pu réunir une somme de 645 000 ariary remise à un Lieutenant de l’Emmo. Mais ce dernier exige la totalité de la somme sous prétexte que les victimes ont falsifié des documents durant le litige foncier et ont ainsi enfreint la loi. De son côté, le chef de district feint l’innocence et affirme qu’il n’a rien à voir dans cette histoire d’argent. Dès lors, ce journaliste doyen est devenu la cible des éléments des forces de l’ordre. Avec les menaces, les maltraitances suivies de racket, le tout risque de s’ébruiter et Rabena Davida devient ainsi un témoin gênant.

Chasse à l’homme et menace de mort

Par chance, ce journaliste a pu quitter la commune de Tsivory illico presto pour rejoindre la ville de Taolagnaro. Sa famille, restée à Tsivory, lui a conseillé de se cacher et de partir le plus loin possible pour ne pas subir la cruauté du commissaire de police. La chasse à l’homme est alors lancée contre ce journaliste, témoin des agissements des forces de l’ordre. «Ce journaliste aura affaire à nous! On l’attend de pied ferme!», prévient le commissaire à Tsivory. Malgré cette menace de mort, Rabena Davida a pu exposer son cas au président du Tribunal de première instance de Taolagnaro. Pour sa propre sécurité, ce journaliste a rejoint la capitale et vit toujours dans l’inquiétude permanente. Il lance ainsi un appel au ministère de la Sécurité publique pour voir de près cette affaire. «Durant mes 40 ans dans ce métier, je n’ai commis aucun délit de presse ou toute autre forme de crime. J’admire le travail des policiers et ils ne sont pas mes ennemis mais dans cette histoire, leurs abus sont flagrants!», se désole la victime. Par ailleurs, le journaliste déplore la durée d’incarcération de sa famille. Arrêtés le 28 avril dernier, les six accusés n’ont été déférés au parquet de Taolagnaro que le 8 mai 2017. Rabena Davida de rajouter qu’«à Tsivory, il n’est pas bon d’être pointé du doigt! Une seule plainte, même anonyme, suffit pour vous mettre dans le pétrin. Si vous n’avez pas d’argent, on vous prend vos biens». Une manière pour ce journaliste de décrire le malaise dû à la partialité des autorités et aux abus de pouvoir des forces de l’ordre qui agissent en toute impunité.

La Rédaction      

Une réponse à "UN ETAT DANS L’ETAT A TSIVORY : Le chef de district et la police abusent de leur pouvoir"

  1. Rakotoarisoa Maminiaina  15/05/2017 à 13:44

    Marary ny fierenentsika.Iza no hianteherana????Mirary soa tompoko

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