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Problèmes de compétitivité : les filières malgaches menacées

Problèmes de compétitivité  : les filières malgaches menacées

Les problèmes de qualité et de compétitivité rongent de nombreuses filières. Une situation qui risque de faire perdre une grande part de marché pour Madagascar en tant que pays exportateur. Pour le secteur privé, il est grand temps d’agir.

Vanille, café, girofle, grains secs… Nombre de ces filières ont du mal à rester compétitives sur le marché international. Les problèmes sociaux et environnementaux sont souvent cités comme sources de problèmes. «Les séances de sensibilisation et les formations techniques ne suffisent plus, ce qui fait qu’on doit dresser un état des lieux et chercher la source du problème. Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est que nos pays concurrents avancent sur les recherches et améliorent sans cesse leurs offres alors que chez nous, c’est l’inverse», a évoqué Faly Rasamimanana, directeur général fondateur de la société Faly Export.

En citant quelques cas, cet opérateur laisse entrevoir les risques auxquelles s’exposent certaines filières jugées porteuses pour l’économie malgache. En plus de décourager les producteurs, les vols de vanille verte sur pied font baisser la qualité de la vanille malgache. La flambée du prix du pois de cap, faute de production suffisante, pousse certains consommateurs de l’océan Indien à changer leur habitude alimentaire. Une situation que cet exportateur qualifie de «danger» pour l’exportation malgache.

A Miandrivazo, plusieurs producteurs de haricot, souvent victimes de bilharziose, sont contraints de dépenser leurs revenus pour se soigner. Du coup, ils n’ont plus les moyens de se procurer des semences ou encore payer le coût de la main-d’œuvre. Et comme certains n’ont plus le moyen de s’acheter des pesticides appropriés, nombreux de terrains se trouvent infestés par les insectes, diminuant en conséquence la qualité des produits. Et des cas semblables sont enregistrés dans d’autres filières a réitéré le président de la coalition paysanne locale. A cela s’ajoute les mauvaises pratiques environnementales telles que les feux de brousse et la culture sur brûlis.

Une affaire de tous

En perspective, Faly Rasamimanana a également tenu à rappeler les discussions sur le cas d’Andekaleka au cours d’une rencontre économique à Toamasina en 2010. Ce que les Tananariviens ont vécu l’année dernière, était en effet prévisible et qu’il y avait un moyen d’amoindrir les dégâts d’aujourd’hui, a-t-il assuré. Le fait est que le problème d’approvisionnement en énergie mine grandement la compétitivité des industriels.

Ce ne sont toutefois pas des cas isolés. Pour cet opérateur, résoudre les problèmes nécessite la participation de plusieurs entités sachant que Madagascar se dit encore «grenier» car même nos produits sont nettement dévalorisés par rapport à d’autres origines. Aussi, la menace d’insécurité alimentaire plane d’ores et déjà.

«Nous risquons de perdre encore notre part de marché si on ne réagit pas immédiatement. Nous devons renforcer le dialogue public-privé, responsabiliser tous les acteurs. Une  approche inclusive est nécessaire (…). Travaillons ensemble, il est grand temps d’agir», a-t-il conclu.

Arh.

 

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