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MINI-REMANIEMENT MINISTERIEL : La République des copains et des coquins confirmée

Pour les incrédules, le mini-remaniement d’hier confirme bel et bien le qualificatif de régime des «copains et des coquins» dont le SEFAFI, l’observatoire de la vie publique, avait affublé le pouvoir actuel sous la conduite de Hery Rajaonarimampianina. En effet, aucun des ministres susceptibles d’être éclaboussés par l’affaire Claudine Razaimamonjy, et encore moins le Premier ministre, n’a été concerné. Ce qui peut vouloir dire qu’ils bénéficieront toujours de la protection due à leur statut.  Plus on est de fous, plus on rit! Hery Rajaonarimampianina a donc tenu à garder au sein du gouvernement des ministres aux multiples casseroles. Pire (ou mieux, c’est selon) il a étoffé leurs rangs avec des personnes connues de tous pour leur manque d’intégrité et le peu de scrupules qu’ils ont à l’égard de l’intérêt général. Les ministres Charles Andriamiseza, Lalatiana Andriamanarivo et Rivo Rakotovao ont dû sabrer le champagne, hier, en apprenant qu’ils ont été cautionnés dans leurs agissements qui ont grandement facilité la fuite de la conseillère spéciale du président. De même pour Harry Laurent Rahajason qui est parvenu à ses fins en réintégrant un gouvernement (Voir encadré). Pour ce dernier, en effet, qu’importe avec qui on dîne. Que ce soit avec le diable lui-même pourvu que ce dernier soit à même de satisfaire sa soif de pouvoir et son avidité financière, tout est bon. En opportuniste sans vergogne comme il est, il n’hésite pas à renier ce qu’il a naguère adulé, ou à porter aux nues celui sur qui il avait vomi un peu plus tôt.

Gare aux finances de l’Etat

On se demande ainsi les raisons d’un tel remaniement car les anciens valent bien ces nouveaux ministres en termes de…défaut et de tare. Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas avoir gardé les anciens, a moins que ce ne soit une occasion de caser « des copains et des coquins » pour que ces derniers aient aussi leur part du gâteau. Gare aux finances de l’Etat car ils ne s’en priveront pas. En effet, certains (suivez mon regard !) étaient véritablement au bout du rouleau et ne pouvaient plus mener leur train de vie princier d’antan jusqu’à ce qu’ils soient récupérés par Hery Rajaonarimampianina et son équipe. Et ce n’est que logique car entre «copains et coquins», il y a toujours une manière de s’entendre.

Insulte à l’intelligence des Malgaches

Telle une montagne qui a accouché d’une souris, le remaniement tant attendu par les observateurs et les médias a été une gesticulation de plus de la part du régime. Alors que tout le monde espérait enfin assister à un effet domino généré par l’affaire Claudine Razaimamonjy, le changement effectué au sein du gouvernement reste décevant à l’image du régime. Une nomination qui n’a fait que renforcer l’entêtement de Hery Rajaonarimampianina à vouloir garder les mêmes têtes… pire, à y ajouter des figures déjà connues. Quoi qu’il en soit, cette série de nominations sans conséquence sur les conjonctures actuelles est vue comme une insulte à l’intelligence des Malgaches, qui espéraient voir de nouvelles têtes au sein du gouvernement. Dans tous les pays où règnent l’Etat de droit et la démocratie, les ministres touchés de loin ou de près par une affaire similaire à celle de dame Claudine auraient été dans l’obligation de faire un compte-rendu aux citoyens, faute de démission. Le principe de redevabilité est totalement remis en cause. A croire que le pouvoir n’a de compte à rendre à personne alors que c’est plusieurs milliards d’ariary de fonds publics qui ont été détournés. Ainsi, suivant le décret N° 2017 – 262 modifiant et complétant certaines dispositions du décret n°2016-265 du 15 avril 2016 portant nomination des membres du gouvernement, le Premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly, après consultation du Président Hery Rajaonarimampianina, a effectué hier les nominations de Rasoloelison Lantoniaina en tant que ministre de l’Eau, de l’énergie et des hydrocarbures, de Harry Laurent Rahajason au poste de ministre de la Communication et des relations avec les institutions, de Rafatrolaza Barry Emmanuel au secrétariat d’Etat auprès du ministère des Affaires étrangères chargé de la coopération et du développement, et de Randriamahavalisoa Razafindramaitso Girard comme secrétaire d’Etat auprès du ministère de la Défense nationale chargé de la gendarmerie nationale.

Rolly Mercia de nouveau ministre : Des points d’interrogation sur l’avenir de la presse malgache

Rolly Mercia est de retour à la tête du ministère de la Communication. En retournant sa veste, se mettant ainsi à dos Andry Rajoelina et l’équipe de TGV au sein de laquelle l’ancien journaliste occupait une importante place politique, pour se rapprocher de l’équipe du HVM de Hery Rajaonarimampianina, son jeu est clair. Sa nomination au sein du gouvernement le confirme, Harry Laurent Rahajason voulait à tout prix redevenir ministre. D’ailleurs, le choix du chef de l’Etat n’est pas fortuit. Le nouveau ministre de la Communication a une mission particulière, qu’il est important de revenir sur « son passé » et s’interroger sur l’avenir pour mieux le comprendre. Si on ne remonte qu’à la fin du régime Ravalomanana, il faudra déjà mentionner que Rolly Mercia est l’un des fondateurs du club des journalistes privés. Il militait contre les dérives autoritaires de l’ancien Président de la République, entre autres, la fermeture de la radio Viva d’Andry Rajoelina. Journaliste chevronné, il défendait particulièrement la cause de ses confrères et consœurs. Lors des mouvements de ces derniers contre le code de communication dit liberticide, Harry Laurent Rahajason avait affirmé que s’il était ministre, il aurait géré la situation autrement, en effectuant, entre autres, un dialogue avec les gens de la presse. Une position modérée vis-à-vis du gouvernement derrière lequel il se cachait pourtant. Maintenant que Rolly Mercia est redevenu ministre, la question se pose sur sa politique de communication en général, et sur sa position vis-à-vis des journalistes en particulier, notamment en cette année où l’actuel président de l’Ordre des journalistes malgaches (OJM) arrive au terme de son mandat. Plus d’un se rappelle que ce ministre de la Communication durant la Transition, connu par les journalistes à l’époque, gérait d’une main de fer les médias. Sa réputation se faisait autour du « muselage » de la presse, notamment celle de l’opposition. C’était notamment le cas avec la Radio Free Fm (une station radiophonique qui critiquait comme il se devait la Transition) que Rolly Mercia n’a pas hésité à fermer ou encore la chasse à un journaliste, Jean Paul Andrianiaina, qui lui était proche à l’époque. La communauté internationale est principalement témoin de sa pratique liberticide durant la Transition. La crainte regagne en effet les journalistes. Pour la plupart de ces derniers, « l’outil est le code de communication actuellement en vigueur, l’autorité est Rolly Mercia, et l’objectif est de contraindre la presse », en la muselant à nouveau pour que l’équipe du parti présidentiel ne soit jamais inquiétée jusqu’en 2018, l’année de l’élection présidentielle. L’équipe du parti présidentiel est, entre autres, composée de Mbola Rajaonah alias Mbola Tafaray. C’est un homme d’affaires très proche de Hery Rajaonarimampianina en tant que son conseiller. Il a beaucoup investi dans les médias ces derniers temps, quoiqu’il se trouve dans le collimateur de la presse de l’opposition pour les affaires louches dans lesquelles il est impliqué sans jamais être inquiété. C’est pour le compte de Mbola Tafaray que Rolly Mercia a travaillé en tant que responsable des journaux de ce conseiller présidentiel, avant sa nomination à la tête du ministère de la Communication. Le coup de pouce de Mbola Tafaray dans son accession à la tête de ce département ministériel est alors très probable.

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