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HJRA : Une création de foyers de tension est à craindre

HJRA : Une création de foyers de tension est à craindre

Une éventuelle grève illimitée des internes en médecine pourrait être lourde de conséquence.

Après que la Confédération des syndicats des agents de l’Etat malagasy (CSAEM) est montée au créneau mercredi dernier pour réclamer une suite aux revendications des fonctionnaires, hier les médecins internes dans tout Madagascar lui ont emboité le pas.

Hier, les médecins internes en 7e et 8e années, ainsi que les médecins internes qualifiants dans les hôpitaux publics d’Antananarivo ont tenu un sit-in devant l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA). Ils n’ont pas perçu leurs indemnités depuis maintenant six mois. « Le sit-in d’aujourd’hui fait suite à la décision prise durant l’assemblée générale des internes hier (ndlr : jeudi) », explique-t-on. En effet, il s’agit d’une grève d’avertissement mais si l’Etat s’entête, les internes pourraient passer à un plan B. De ce fait, les internes ont lancé un ultimatum de 24 heures pour qu’on règle leurs arriérés. D’après les explications, ils sont à peu près 800 à être concernés par ce problème, et leurs collègues dans les autres provinces en sont également touchés. «Nous ne sommes plus des étudiants, on travaille durant cinq jours, 24h/24. Nous n’avons pas perçu nos indemnités depuis maintenant six mois alors que nous avons des familles à nourrir ». « De nous jours, même si on est encore célibataire, il nous est difficile de toujours espérer de l’aide de nos parents ou de nos proches» a regretté Eric Janvier Perez de Cuelar, le président national de l’association des internes en médecine. Selon ces internes, ils se sont déjà entretenus avec les responsables au niveau du ministère de la Santé publique, qui assure leur tutelle, mais cela n’a mené à rien. «Les arriérés devaient être réglés avant la fête pascale, c’est ce qu’on nous a promis. Mais ce n’étaient que des paroles en l’air » regrette-t-il. «Nous nous ne remettrons pas au travail tant que l’Etat ne nous paye pas. On n’arrive même plus à payer les frais de transport pour se rendre au travail. Et on n’a pas de quoi s’acheter nos repas» a-t-il ajouté.

Problème récurrent

Hier, des internes ont tenu à assurer un service minimum. Pourtant, une éventuelle grève illimitée de ces futurs médecins pourrait impacter sur le fonctionnement des hôpitaux publics. Sachant que ces internes sont au front dans les hôpitaux publics pour assurer la bonne marche du traitement des malades. Ce sont eux également qui prescrivent les ordonnances. L’on se demande alors s’il s’agit d’une incompétence ou d’une indifférence de l’Etat ? En effet, durant ce régime, ce n’est pas la première fois que les internes menacent d’observer une grève illimitée à cause du non-paiement de leurs salaires. Récemment, le personnel de la Banque de sang a dénoncé la gabegie et la mauvaise gouvernance au sein de ce service. L’incompétence du ministre de la Santé publique est flagrante mais il n’a pas été touché par le remaniement malgré, surtout, son implication dans l’évasion organisée de l’opératrice économique, Claudine Razaimamonjy.

En tout cas, cette fois-ci, des foyers de tension risquent de se créer un peu partout, surtout après la déclaration de la Confédération des Syndicats des Agents de l’Etat Malagasy (CSAEM) mercredi dernier. En effet, ce collectif syndical a haussé le ton concernant l’inertie du régime actuel face aux revendications des agents de l’Etat, notamment la révision à la hausse de leur indemnité de logement-qui est de 14 000 ariary- ainsi que d’autres avantages. D’ailleurs, la plateforme des syndicats des fonctionnaires n’est pas allée par quatre chemins pour annoncer que si l’Etat le souhaite, les fonctionnaires n’hésiteront pas une seconde à bloquer la machine administrative.

J.Harisoa

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