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DEMOCRATIE ET ETAT DE DROIT A MADAGASCAR : « C’est la loi du plus fort », dixit Marcus Schneider du FES

DEMOCRATIE ET ETAT DE DROIT A MADAGASCAR : « C’est la loi du plus fort », dixit Marcus Schneider du FES

L’instauration de l’Etat de droit et de la démocratie reste un travail de longue haleine.

L’Etat de droit et la démocratie figurent parmi les concepts souvent prônés par les dirigeants malgaches. Pourtant, la réalité est tout autre.

«La démocratie à Madagascar reste sur le papier» a précisé hier Marcus Schneider, représentant du Friedrich Ebert Stiftung (FES) à Madagascar, en marge du lancement du programme de l’Académie des partis politiques à l’hôtel Colbert à Antaninarenina. «La démocratie est loin d’être effective. Toutes les institutions sont en place mais la méfiance de la population envers celles-ci se fait lourdement sentir » se désole-t-il. Pour s’en convaincre, Schneider a évoqué les résultats des enquêtes de l’Afrobaromètre, selon lesquels 70 à 80% de la population malgache ne sont pas contents des principes et du fonctionnement de la démocratie dans le pays. « En fait, il y a beaucoup de défis à relever. On parle à tout bout de champ de démocratie et d’Etat de droit mais, dans la pratique, leur mise en œuvre fait défaut» a-t-il expliqué. D’après lui, à Madagascar, c’est la loi du plus fort qui règne et ce sont les riches qui l’emportent. «Si vous n’en avez pas les moyens, c’est difficile pour vous de jouir de vos droits à Madagascar» a-t-il susurré. D’après toujours notre interlocuteur, l’application de la démocratie présente d’importantes failles, en ce sens que la prise de responsabilité des jeunes est plus que sollicitée. « La démocratie et l’Etat de droit restent au stade des belles paroles dans ce pays. Même la liberté d’expression n’est pas garantie par l’Etat. Justement, un programme comme l’Académie des partis politiques s’avère incontournable afin d’en saisir le concept et la notion. Ceci, afin que les jeunes puissent appliquer une vraie démocratie. En effet, pour relever ce défi, les générations actuelle et future ont leur part de responsabilité» a expliqué Abdou Ahamada Rahima, une conseillère au sein du parti Freedom.

Affaire Lylison!

Selon Irma Naharimamy, députée élue à Toamasina, l’instauration de l’Etat de droit et de la démocratie dans la Grande île reste un travail de longue haleine. «Nous le savons tous que Madagascar a choisi d’adopter une République démocratique ; donc, normalement, tout le monde est libre de s’exprimer. Mais ce n’est pas le cas. Au contraire, la dictature est trop manifeste» a-t-elle souligné. En effet, d’après ce parlementaire, souvent ceux qui osent s’exprimer sont victimes d’intimidations. A ce sujet, l’affaire concernant le sénateur Lylison en dit long. Ceci dit, la démocratie et l’Etat de droit restent de vains mots prononcés par les dirigeants. Rien d’étonnant d’ailleurs vu que ce sont surtout les barons du Hery Vaovaon’i Madagasikara (HVM) qui sont les plus cités dans les affaires scandaleuses de ces quatre dernières années. Mais ces gens-là ne sont jamais inquiétés. Preuve en est la série de détournements de deniers publics ayant défrayé la chronique en 2016, mais qui a fini en queue de poisson une fois que le Bureau indépendant Anti-Corruption (Bianco) a été dessaisi de l’enquête. Des zones d’ombre sont également à éclaircir concernant de nombreux trafics de bois de rose comme l’affaire Bekasy ou les 30 000 rondins saisis au Singapour.

J.Harisoa

Le lancement de la troisième promotion du programme de l’Académie des partis politiques du FES, ayant permis la rencontre entre les participants et les parrains, a été effectué hier. En effet, ce programme offre aux jeunes engagés dans des groupements politiques des modules de formation et de renforcement de capacité « afin qu’ils puissent se développer, s’intégrer dans les réseaux, s’incorporer dans les instances de prise décision et contribuer, en tant que leaders politiques, au développement de leurs partis». Ainsi, 20 participants issus de diverses formations politiques ont été sélectionnés. Trois d’entre eux sont issus du parti Freedom. Il s’agit d’Andoniaina Rafanambinantsoa, commissaire aux comptes, d’Abdou Ahamada Rahima, conseillère, et d’Issa El Assad Rafitakarina, un jeune membre.

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