Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Flash
Préc Suiv
Logo Free News

RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE : Madagascar, le pays le plus pauvre du monde

RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE : Madagascar, le pays le plus pauvre du monde

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale publié hier, Madagascar demeure l’un des pays les plus pauvres du monde (pour ne pas dire le plus pauvre) et les indicateurs du bien-être de sa population ne s’y sont guère améliorés au cours des dernières années. Cette conclusion fait suite à une analyse des données d’enquêtes successives auprès de plusieurs ménages, réalisées par l’Instat en 2001, 2005, 2010 et 2012.

Ce rapport intitulé « Variations de fortune et persistance de la pauvreté à Madagascar : Récentes découvertes »  souligne qu’en dépit de sa biodiversité unique et de ses abondantes ressources minières, hydriques et en main-d’œuvre, Madagascar compte parmi les rares pays dont le PIB réel par habitant était inférieur, en 2010, à son niveau de 1960. « Seuls la République démocratique du Congo (RDC) et le Libéria – deux pays qui ont subi des périodes de guerre civile – ont connu un plus fort déclin ».

D’après la Banque mondiale donc, « cela fait de Madagascar le plus pauvre pays d’Afrique subsaharienne (et du monde) là où l’on dispose de données comparables sur le plan international ».

Cette pauvreté, selon ce rapport, se conjugue à une productivité faible et décroissante de la main-d’œuvre. En 2012, le PIB par travailleur employé était devenu le plus faible du monde, à l’exception de la République Démocratique du Congo.

D’après toujours ce rapport, l’économie malgache se heurte à de multiples obstacles dans la lutte contre la pauvreté, notamment un climat d’investissement peu favorable, une grave insuffisance d’infrastructures et une instabilité politique. En outre, « le pays a connu deux crises politiques entre 2001 et 2012 (en 2002 et en 2009), la perte de précieuses préférences commerciales, avec la fin de l’Accord multifibres en 2005, et son éviction de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa) en 2009 ainsi que plusieurs graves sécheresses, cyclones et autres chocs naturels. »

D’innombrables défis à relever

Au vu de ce sombre tableau, la Banque mondiale met les dirigeants en face d’innombrables défis qui devraient être relevés dans cette lutte pour réduire la pauvreté. Ainsi, ils devraient trouver des solutions pour pallier « un manque aigu d’infrastructures, des chocs climatiques sévères, de mauvaises connections en matière de transport, un accès limité aux marchés et, dans certains cas, des politiques contre-productives en réponse aux chocs externes ».

Le rapport souligne également que les micro-entreprises ne parviennent pas à augmenter leur productivité et leurs bénéfices à cause de la pauvreté généralisée, de la faible demande en biens et services non-agricoles, de la performance de la main-d’œuvre et des difficultés à rembourser les emprunts. Ces entreprises, qui emploient la vaste majorité des travailleurs non-agricoles, ne peuvent donc ni croître, ni générer plus d’emplois, ni augmenter les salaires.

La Rédaction

Les principales conclusions du rapport

  • Les personnes les plus pauvres à Madagascar ont subi une diminution conséquente de leur bien-être entre 2005 et 2012, alors que leur situation s’était améliorée entre 2001 et 2005. Entre 2005 et 2012, la consommation des ménages les plus pauvres a diminué de 3,1% en moyenne.
  • La profondeur de la pauvreté à Madagascar est également très préoccupante. En moyenne, les pauvres ne consomment que 70% du seuil national de pauvreté, et cet écart a augmenté depuis 2005, après avoir diminué entre 2001 et 2005. L’augmentation nécessaire des revenus pour sortir 70% de la population de la pauvreté reste énorme.
  • Entre 2001 et 2012, la population a réagi aux fluctuations économiques et aux chocs climatiques en migrant d’abord vers le secteur agricole, et ensuite vers les activités non agricoles en 2012. On observe une nette augmentation des occupations secondaires dans le secteur des services en 2012. Ces stratégies n’ont pu que partiellement aider les ménages à compenser les chocs car la demande de travailleurs dans les secteurs non-agricoles est restée faible et les opportunités économiques limitées.
  • Un facteur important de la tendance après 2005 a été le déclin de la rentabilité de l’agriculture. Bien qu’ayant accumulé plus d’actifs – plus d’éducation et de moyens de transport et ayant vécu moins de chocs climatiques – les populations pauvres rurales ont été incapables de compenser entièrement le déclin de la rentabilité de leurs activités agricoles entre 2005 et 2010, notamment à travers l’emploi non-agricole.
  • Les politiques visant à contrer la flambée des prix mondiaux du riz, couplées à la détérioration des conditions de transport, ont induit une réduction du revenu agricole en 2010. Des mesures ont été prises par le gouvernement pour assurer la stabilité du prix du riz. Toutefois, ces mesures n’ont pas permis aux producteurs nationaux de profiter de l’augmentation des prix mondiaux du riz, compte tenu de l’importance des coûts des intrants, et ont conduit à une baisse de leurs bénéfices. Les coûts de transport d’un sac de 50 kg de riz ont augmenté de 42% et le temps requis pour atteindre un marché urbain a doublé, à près de 12 heures.
  • Pour réduire la pauvreté, il est essentiel d’améliorer les connections routières et améliorer l’accès à l’électricité dans les communautés pour stimuler les activités de production non-agricoles. Les distances au marché et l’accès à l’électricité sont d’excellents prédicteurs du bien-être. Dans les zones urbaines, le niveau d’éducation est également un facteur déterminant. Dans le milieu rural, un prix du riz élevé est aussi lié à un niveau de bien-être supérieur.
  • Les salaires et profits gagnés par les hommes sont significativement plus élevés que ceux par les femmes. Bien que les ménages dirigés par des femmes ne soient pas plus pauvres, en moyenne, que ceux ayant un chef masculin, les hommes gagnaient en moyenne 37% de plus que les femmes sur le marché du travail en 2012, après avoir pris en compte les effets de l’éducation, l’âge, la région d’origine et les conditions rurales/urbaines. Les ménages dont le chef est masculin avaient donc plus de chance que les ménages dirigés par des femmes de compenser les pertes résultant de désastres climatiques ou de maigres récoltes en étant employés dans le secteur non-agricole.

Les commentaires sont fermées.